Le billet

21/03/2015

Faux billet



Ceci n'est pas un billet. Ou plutôt c'est un faux billet. Un billet virtuel. À cause d'un billet d'avion. Comment oserait-on, depuis une contrée lointaine, commenter une actualité ignorée ? Encore que. Il est tout à fait possible d'analyser un sujet que l'on ne connaît pas, bien des éditorialistes vous le diront. Non. Cette fois, l'auteur a décidé de prendre de la hauteur. Puisque la terre est ronde, allons la voir sous un autre angle si l'on ose dire, s'est-il dit. La politique en France sera sûrement dans un angle mort. Pas d'images de frontistes en train de se bidonner du poisson d'avril accroché au dos des électeurs. La terre aperçue d'un autre point de vue. Se sentir étranger chez l'autre, l'étranger d'ici. Inverser les rôles et respirer ensemble. Un temps, pour fêter le début du printemps. Puis reprendre, ravigoté, le billet retour.

Michel Rouger



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Les commerces "non essentiels" vont rouvrir samedi, c'est l'essentiel. Qui donc d'ailleurs, dont le boulot est sûrement essentiel, a bien pu estimer que vendre un livre est moins essentiel que de vendre un whisky ? La question est d'autant plus grave qu'essentiel renvoie à essence et sans essence on n'avance plus, c'est la panne. L'essence humaine on veut dire, la conscience d'être. En quelque sorte, je vends donc je suis, quand je ne vends plus, je ne suis plus. Ou j'achète donc je suis. Ou... Etc. Toute cette histoire d'urgence sanitaire nous emmène décidément dans des questions vraiment essentielles. Par exemple, peut-on "être" sans être libre ? Non ? Alors il faut descendre dans la rue contre la nouvelle loi qui réduit un peu plus les libertés. Et résister au Black Friday. Comme au virus qui entrave aussi nos libertés, tue même parfois. Que de dilemmes en cette fin 2020 ! Voilà qui ferait une belle discussion, dans une franche amitié, autour d'un demi. Mais le bar reste fermé. Pas essentiel, qu'ils disent.

Michel Rouger
vocal_001_14.mp3 Vocal 001.mp3  (563.39 Ko)


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