Le billet

30/05/2012

Enfances tragiques



L'actualité égrène chaque semaine ses tragiques histoires d'enfants. Ceux que l'on assassine : ainsi les 49 gamins syriens  transpercés par les balles de Bachar El Assad le 25 mai à Houla. Ceux que l'on ne tue pas mais que l'on condamne : ainsi les enfants pauvres de nos sociétés dites modernes étudiés par l'Unicef. La France est mal placée. Un petit français sur six était pauvre il y a dix ans, un sur cinq aujourd'hui. Les aides ne font pas tout : comment un enfant mal logé, par exemple, peut-il faire ses devoirs ? Les logements sociaux manquent. Pour en construire plus, le gouvernement veut justement doubler le plafond du Livret A qui les finance. Tollé des banques ! Et nos bonus ? État, reviens à notre secours : les gosses mal logés nous volent.   

Michel Rouger



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Les commerces "non essentiels" vont rouvrir samedi, c'est l'essentiel. Qui donc d'ailleurs, dont le boulot est sûrement essentiel, a bien pu estimer que vendre un livre est moins essentiel que de vendre un whisky ? La question est d'autant plus grave qu'essentiel renvoie à essence et sans essence on n'avance plus, c'est la panne. L'essence humaine on veut dire, la conscience d'être. En quelque sorte, je vends donc je suis, quand je ne vends plus, je ne suis plus. Ou j'achète donc je suis. Ou... Etc. Toute cette histoire d'urgence sanitaire nous emmène décidément dans des questions vraiment essentielles. Par exemple, peut-on "être" sans être libre ? Non ? Alors il faut descendre dans la rue contre la nouvelle loi qui réduit un peu plus les libertés. Et résister au Black Friday. Comme au virus qui entrave aussi nos libertés, tue même parfois. Que de dilemmes en cette fin 2020 ! Voilà qui ferait une belle discussion, dans une franche amitié, autour d'un demi. Mais le bar reste fermé. Pas essentiel, qu'ils disent.

Michel Rouger
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