Vu, Lu, Entendu...

16/01/2020

Des livres pour les oubliées des prisons



Des livres pour les oubliées des prisons
oubliees.mp3 Oubliées.mp3  (1.54 Mo)

Sauf à la Centrale des femmes de Rennes, unique en France, les femmes sont incarcérées dans des prisons " mixtes", dans des quartiers qui leur sont réservés et souvent enclavés, ce qui rend l’accès aux différents services – les services médicaux, la formation ou les ateliers – plus difficile pour elles. Accompagnées dans tous leurs déplacements, les femmes n’ont donc, en pratique, pas accès à la majorité des activités, d’abord pensées pour le plus grand nombre : les hommes.

Pour ces oubliées, une idée transformée en initiative a germé, il y a un an,  dans la tête d'une espagnole Maria Rufilanchas,  fondatrice de la marque sociale « Teta y Teta » : distribuer des livres, personnalisés par un mot, une lettre, une inscription de cadeau à des femmes en prison, privées de tout.

Pourquoi des livres ? Ils " sont comme un baume pour l’âme. Quand ils ne divertissent pas, ils permettent d’apprendre, de s’ouvrir, d’oublier ou encore ont le pouvoir d’aider à décider du nouveau cours d’une vie… Nous ne savons jamais où un livre va nous transporter. Nous croyons seulement en son pouvoir," explique l'association Aux oubliées, portée par Laure Gomez-Montoya, Debora Kahn-Sriber et Karine Vincent, des femmes engagées pour l’émancipation des femmes…   

Le pivot de cette " initiative culturelle, féministe, poétique et solidaire ", c'est le message qui accompagne le livre, " pour faire oublier leur réalité aux femmes incarcérées, le temps d’une lecture, mais également pour générer une réflexion et un débat autour d’un collectif de personnes oubliées de la société : les femmes détenues."

Quel livre offririez-vous à une femme détenue ?

Voici les recommandations de l'association. " La réponse n’est pas simple. Et c’est la réponse à cette question qui nous intéresse et pousse à la réflexion. C’est tout l’enjeu de l’initiative. Parce que pour y répondre, nous sommes obligées de nous mettre, ne serait-ce qu’un instant, à la place de ces femmes en imaginant ce qu’elles aimeraient lire, ou du moins ce que nous aimerions lire si nous étions à leur place. Cette réponse vous transformera.

Le livre peut être neuf ou d’occasion. En français ou non. Sur la première page, nous vous demandons d’écrire votre message, de choisir vos mots. C’est le geste fondamental, la partie la plus importante de toute cette aventure. Et pensez à signer votre message. Si vous le désirez, vous pouvez aller encore plus loin et continuer votre mot sur une feuille libre et blanche en y inscrivant par exemple vos coordonnées personnelles afin d’établir un début de correspondance par exemple ou pour expliquer la raison de votre choix, de votre engagement. Il est entendu que vous autorisez l’association Aux oubliées à photographier et diffuser vos mots sur le site et sur les réseaux sociaux."

Comment faire ?

La première grande campagne de collecte commence maintenant pour une première distribution
le 9 mars 2020 à la prison de Fleury-Mérogis !
Envoyez  vos livres à :
Karine Vincent
L’Iconoclaste
c/o Aux oubliées
26 rue Jacob
75006 Paris





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Le billet de la semaine

Violence d’État

Réalisant sans coup férir le vœu du Président de rendre le pays « plus humain » en 2020, trois policiers ont interpellé le 3 janvier à Paris un coursier à scooter, Cédric Chouviat, 42 ans, père de 5 enfants, et l’ont asphyxié par un plaquage ventral complété par une fracture du larynx. Mourir lors d’un contrôle routier… Les années se suivent et se ressemblent. L’année 2019 avait commencé par le coma, le 12 janvier, à Bordeaux, du Gilet Jaune Olivier Beziade, touché en pleine tête par un tir de LBD40, qui a inauguré une année répressive jamais vue dans un mouvement social. Le 21 juillet, à Nantes, les lacrymogènes des CRS ont aussi poussé Steve, 24 ans, dans la Loire. Mourir lors d’une Fête de la musique... La violence d’État ne désarme plus. Car le coupable, bien sûr, est moins le policier frappeur que les autorités qui l’arment, le couvrent, lancent leurs forces au premier attroupement, fût-il festif, pour impressionner, intimider. Quand le libéralisme autoritaire fait du citoyen ordinaire un adversaire... 

Michel Rouger
  

09/01/2020

Nono












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