Vu, Lu, Entendu...

04/04/2020

« Danser sa peine, la danse derrière les barreaux » de Valérie Müller


À la prison de Baumettes, à Marseille, le chorégraphe Angelin Preljocaj anime pour la première fois un atelier de danse avec des détenues. Son objectif : monter un spectacle inédit, qui sera donné devant des centaines de personnes, à Aix-en-Provence et à Montpellier.


danser_sa_peine.mp3 Danser sa peine.mp3  (1.22 Mo)

« Danser sa peine », documentaire très émouvant à revoir en replay, sur France 3, jusqu’à fin avril.

Valérie Müller a suivi la troupe pendant quatre mois, des premières répétitions jusqu’aux représentations. Malika, Annie, Sylvia, Sophia et Litale se livrent sur la dureté de la détention. La danse, dans leur quotidien fait de restrictions et de contraintes, est « un pied de nez aux barreaux », confie Sylvia. Dans les premières séquences, la libération des corps est tangible, filmée par une caméra sensuelle et pudique à la fois, qui excelle à capter la reprise de la confiance, l’émergence du plaisir.

Question centrale : le regard

D’un même mouvement, la danse et la prise de parole semble peu à peu émanciper les femmes de leur statut de détenues. Dans ce film, la question du regard est centrale. Il y a celui que pose sur elles Angelin Preljocaj, qui les pousse à "briser le plafond de verre", celui de la réalisatrice, qui brise les carcans et ferait presque oublier que ces femmes sont incarcérées. Dans la salle -sans surveillant- où Preljocaj les laisse improviser, elles expérimentent une forme de liberté.

Annie, aujourd’hui libre, a donné lieu à un documentaire en 2019, après son procès. Psychologue clinicienne, mère de trois enfants, après 15 ans de violences conjugales, un jour que son mari tentait de l’étouffer, elle l’a tué. « Jusqu’à ce que la mort nous sépare »….
 
Télérama, du 21 mars : « Chacune, à sa façon, a trouvé les mots, pour exprimer ce qu’est le quotidien dans un univers répressif où elles ne contrôlent rien et dépendent des surveillants à tous les niveaux. "On est dégradées, estime Annie, menées d’un endroit à un autre dans une totale perte d’autonomie." L’atelier et le tournage les préparent à se réapproprier leur être, leur image, à se projeter dans l’avenir. »
 
A REVOIR ICI

S.L.H.



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46 jours. Ça fait 46 jours qu’on est assignés, bouclés dans 3,1416 km², sans pouvoir frôler, toucher, embrasser, festoyer, jogger, bicycletter, surveillés par des policiers à pied, à cheval, à vélo, à moto, en auto, en hélico, épiés par des collabos... Y’a que d’aller bosser qui rend libre, chose au reste discutée depuis l’aube de l’humanité. Au moins, nous voilà à J-11 de la semi-liberté conditionnelle. Sauf que le gouvernement continue de bricoler son StopCovid d’apprenti sorcier. Alors là, geste barrière : Stop au StopCovid. Le confiné sur canapé, qui poste à qui veut sa vie privée sur son smartphone, doit cette fois dire non. Non à tous les virus de l’e-surveillance politique qui mutent vite en virus Xi Jinping que la dictature chinoise veut répandre dans les démocraties : il est déjà à Nice… Ne pas sacrifier la Liberté au besoin de sécurité qui se nourrit de toutes nos peurs est un bon sujet de réflexion et d'action pour les 220 jours de semi-liberté qui nous attendent sans doute d’ici le réveillon. Quand enfin on s’embrassera. Bonne Année ! La santé surtout. Et la Liberté. Peut-être...

Michel Rouger

30/04/2020

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