Vu, Lu, Entendu...

06/02/2020

Boza, le périple d’un adolescent migrant à la conquête de sa liberté


« Tu veux savoir ce qui m’a conduit à prendre la route de l’exil à quinze ans ? D’accord, je vais tout te confier et tu vas être renversé. Tu es prévenu ! Mes mots seront durs, car la réalité est brutale. Mais je vais aussi te faire rire, je suis beau gosse et j’ai la tchatche. Je te demande une seule chose : ne me juge pas, ça n’a pas de sens d’appliquer ta morale à ma vie. »


Boza, le périple d’un adolescent migrant à la conquête de sa liberté
boza.mp3 Boza.mp3  (1.14 Mo)

Faire un « Boza », cela veut dire, passer en Europe, et c’est le rêve du jeune Ulrich Cabrel qui, à l’âge de 15 ans, décide de quitter son bidonville au Cameroun, dans la région de Douala. On est en juillet 2016. Ulrich va parcourir quelque neuf mille kilomètres avant de découvrir la Bretagne. Le voyage est long et semé d’embûches. Abandonné par un passeur aux portes du Niger, il affronte ghettos et déserts, rejoint des jeunes déshérités au Maroc qui vont l’aider à franchir ce fameux « monstre à trois têtes », le nom qu’ils ont donné aux barrières qui séparent l’Afrique de l’Europe.
 
Un regard inédit sur les réalités migratoires

Puis, en octobre 2017, il est accueilli à Saint-Brieuc, par Etienne Longueville, fonctionnaire, âgé de 32 ans, qui intervient bénévolement dans une association accueillant les jeunes réfugiés. L’homme est séduit par la force du jeune garçon et décide avec lui, d’écrire un livre, sous une forme romancée, pour retracer l’aventure d’Ulrich. Tous deux nous offrent « un regard inédit sur les réalités migratoires. La verve des personnages et l’humour du narrateur contrastent avec les enfers qu’ils traversent, offrant à ce roman d’aventures une tonalité et un rythme captivants. »

« J'ai des frissons quand je regarde ce livre, confie Ulrich au micro de France Bleu Armorique. Il y a tout dedans, vraiment c'est le plus grand projet de ma vie. » Ulrich est aujourd'hui lycéen en terminale scientifique à Saint-Brieuc. Toujours sans papier, il espère obtenir son titre de séjour, "sans cela, c'est retour à la case départ".
 
Boza, février 2020
de Ulrich Cabrel et Etienne Longueville
Prix : 19,50 €
édition Philippe Rey
Interview à découvrir sur France Bleu Armorique ICI
 




1.Posté par Pierre Audebert le 11/03/2020 17:10
Grand moment de lecture !

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46 jours. Ça fait 46 jours qu’on est assignés, bouclés dans 3,1416 km², sans pouvoir frôler, toucher, embrasser, festoyer, jogger, bicycletter, surveillés par des policiers à pied, à cheval, à vélo, à moto, en auto, en hélico, épiés par des collabos... Y’a que d’aller bosser qui rend libre, chose au reste discutée depuis l’aube de l’humanité. Au moins, nous voilà à J-11 de la semi-liberté conditionnelle. Sauf que le gouvernement continue de bricoler son StopCovid d’apprenti sorcier. Alors là, geste barrière : Stop au StopCovid. Le confiné sur canapé, qui poste à qui veut sa vie privée sur son smartphone, doit cette fois dire non. Non à tous les virus de l’e-surveillance politique qui mutent vite en virus Xi Jinping que la dictature chinoise veut répandre dans les démocraties : il est déjà à Nice… Ne pas sacrifier la Liberté au besoin de sécurité qui se nourrit de toutes nos peurs est un bon sujet de réflexion et d'action pour les 220 jours de semi-liberté qui nous attendent sans doute d’ici le réveillon. Quand enfin on s’embrassera. Bonne Année ! La santé surtout. Et la Liberté. Peut-être...

Michel Rouger

30/04/2020

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