Le billet

04/02/2015

À la caisse



Elle n'en pouvait plus de la mise en rayons, alors elle travaille aujourd'hui à la caisse. Il y a du stress, des produits trop lourds, des clients trop lourds, mais les humains, c'est bien mieux que les boîtes et cartons. Les humains... Le patron de la Grande Chaîne, ça le fait bien sourire. Lui, son rêve, c'est la caisse automatique. Trop de caissières. Alors les caissières sont passées à leur tour à la caisse. Elles font désormais leurs courses aux restos du cœur. Quelques-unes ont découvert le film Discount, elles ont bien aimé, ça leur a donné des idées. Pendant ce temps, les clients avancent mécaniques devant les caisses automatiques. Ce sont les temps modernes. C'est pour ça que les commerces vont ouvrir davantage le dimanche. Et un temps viendra, tous les dimanches. 

Michel Rouger 




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Le billet de la semaine

​Essentiel


Les commerces "non essentiels" vont rouvrir samedi, c'est l'essentiel. Qui donc d'ailleurs, dont le boulot est sûrement essentiel, a bien pu estimer que vendre un livre est moins essentiel que de vendre un whisky ? La question est d'autant plus grave qu'essentiel renvoie à essence et sans essence on n'avance plus, c'est la panne. L'essence humaine on veut dire, la conscience d'être. En quelque sorte, je vends donc je suis, quand je ne vends plus, je ne suis plus. Ou j'achète donc je suis. Ou... Etc. Toute cette histoire d'urgence sanitaire nous emmène décidément dans des questions vraiment essentielles. Par exemple, peut-on "être" sans être libre ? Non ? Alors il faut descendre dans la rue contre la nouvelle loi qui réduit un peu plus les libertés. Et résister au Black Friday. Comme au virus qui entrave aussi nos libertés, tue même parfois. Que de dilemmes en cette fin 2020 ! Voilà qui ferait une belle discussion, dans une franche amitié, autour d'un demi. Mais le bar reste fermé. Pas essentiel, qu'ils disent.

Michel Rouger
vocal_001_14.mp3 Vocal 001.mp3  (563.39 Ko)


26/11/2020

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