Le billet

​On y croit


04/01/2018




« Nous avons besoin de repenser un grand projet social », a dit le Président. Ce n'est pas une blague lancée au téléphone à l'ami Hanouna. Ni un nouveau coup de com'. C'est du sérieux. C'était dimanche soir, aux vœux. « Demandez-vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour le pays », a dit aussi notre Kennedy à nous. Et voilà que dès potron-minet chaque Français pense au grand projet social. S'en va lutter contre la stigmatisation des chômeurs et des migrants, les attaques contre les HLM ou l'audio-visuel public. S'en va lutter contre les projets du gouvernement. Pense justice, liberté, égalité, fraternité, écologie pour tous. La bataille des valeurs entre la droite et la gauche, à l'obsolescence programmée, est de nouveau en marche. Des députés marcheurs redeviennent d'ailleurs socialistes. On y croit, Président. C'est promis. Le citoyen français sera ainsi en 2018 : sitôt levé, sitôt debout.

Michel Rouger

on_y_croit.mp3 On y croit.mp3  (1.67 Mo)





Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :

Les vieux - 16/10/2018

​Quartier sensible - 04/10/2018

​L'œuf - 27/09/2018

​Le vieux Marcheur - 20/09/2018

Le changement - 06/09/2018

Un été français - 16/07/2018

​Patronat - 05/07/2018

​Buuuuuut ! - 27/06/2018

​Naufrage - 21/06/2018

Dingue - 15/06/2018

Handicap - 06/06/2018

​Escalades - 31/05/2018

Niche - 25/05/2018

Les résistants - 17/05/2018

​La brute - 10/05/2018

Écrivez - 29/04/2018

​Bibi le bourreau - 26/04/2018

​Coucou - 11/04/2018

​Brexit breizh - 22/03/2018

Une farce tragique - 15/03/2018

1 2 3 4 5 » ... 16


Le billet de la semaine

Les vieux

Papy Michel (Drucker), 76 ans, publie 286 pages "pour rester jeune" tout en attaquant de nouveau le "jeunisme ambiant". N'y a-t-il pas là une sorte d'antilogie, pourrait chuinter notre académicien chenu Valéry Giscard, 92 ans ? Vouloir rester jeune quand on est vieux, n'est-ce pas du jeunisme ? En fait, Papy s'accroche, vieille histoire. Brassens lui a pourtant dit que le temps ne fait rien à l'affaire : quand on est, on est. Et surtout pas être et avoir été. Au demeurant, on peut être vieux et dans le vent : face à la dictature de l'instant, ne fait-on pas aujourd'hui l'éloge de la lenteur, l'atout majeur des vieux ? Donc, rester gaillard mais lent, engagé mais lent. Marcher lentement ralentit le temps. Pourquoi courir, pédaler, sauter, pour  « mourir jeune », le pire ? Non, plutôt être vieux. Mourir très vieux. Au final, même, « les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour... », comme chantait Brel mort trop jeune il y a 40 ans ce mois-ci. Déjà. Comme le temps passe.

Michel Rouger

16/10/2018

Nono

Newsletter