Le billet

​Notre-Dame de Palmyre


18/04/2019




Nous pleurions lundi soir en voyant une part de notre histoire, de notre culture, de nous-mêmes, dévorée par le feu de l'enfer. Mais nos larmes sèchent déjà. C'était un accident, le monument a résisté, l'argent afflue vers la riche Paris. Nous reconstruirons, a dit le Président. Des grandes orgues et de milliers de poitrines jaillira, dans quelques années, un vibrant Alleluia. Douleur infime. Tellement éloignée de la douleur des Syriens, Kurdes, Irakiens, Afghans qui pleurent pour toujours la perte des Notre-Dame de Palmyre, de Mossoul, d'Alep, de Racca, de Bâmiyân : cités antiques, mosquées, églises, temples et statues... perdus à jamais non par accident mais par la haine d'une armée d'humains, leurs propres frères, fanatisés par un dieu fou. Depuis lundi soir, les Français peuvent seulement effleurer leur malheur pour, désormais, ne pas les oublier. 

Michel Rouger

 

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Le billet de la semaine

​Le couple diabolique

Increvables, le néolibéralisme et le vieux nationalisme dansent ensemble en Europe depuis trente ans. Le premier précarise les salariés, impose de nouveaux servages, oppose l'individu au collectif et le consommateur au citoyen, dérègle le climat et empoisonne le vivant : c'est tout bénéficie pour le second qui exploite le désarroi, racornit les esprits, vend ses mensonges et illusions. Aujourd'hui, le couple, décidé à régner encore plus sur le Vieux Continent, tente une nouvelle escroquerie aux élections européennes du 26 mai :  faire croire que seul l'un peut stopper l'autre. Contre la liste Le Pen, votez Macron. Contre la liste Macron, votez Le Pen. C'est tragique. Et absurde : la majorité au Parlement européen va se jouer comme d'habitude entre la droite  et la gauche. Pour les électeurs, par exemple, qui ont envie d'une Europe sociale, écologique et démocratique, il est nécessaire de faire passer le maximum de listes de gauche au-dessus de 5%, le seuil pour avoir des députés. Nécessaire de voter pour freiner, sinon stopper, le duo diabolique.  

Michel Rouger

16/05/2019

Nono

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