Le billet

11/02/2016

​Merci patron



A table, le soir, il y a souvent état d'urgence chez des milliers de salariés du privé mais de cette urgence-là, le Président n'a pas parlé jeudi à la télé. Trop de boulot, trop d'heures non payées, trop d'abus. Ou carrément licencié « sans cause réelle et sérieuse » comme disent les Prud'hommes. Il y a bien ce recours, mais à quoi bon ? Ça prend des années. L'État piétine la règle européenne qui dit que « toute personne a le droit d'être jugée dans un délai raisonnable  ». En 2012, il a été condamné, rien n'a changé. 200 salariés l'attaquent de nouveau cette semaine, qu'est-ce que ça changera ? Le principal, c'est d'avoir un boulot, non ? Dites merci patron. Quand même :  si on macronise le Code du Travail, on peut peut-être en échange donner plus de moyens aux Prud'hommes ? Une sorte de contrat. « Quoi ? Un contrat ! »

Michel Rouger



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Le billet de la semaine

​Essentiel


Les commerces "non essentiels" vont rouvrir samedi, c'est l'essentiel. Qui donc d'ailleurs, dont le boulot est sûrement essentiel, a bien pu estimer que vendre un livre est moins essentiel que de vendre un whisky ? La question est d'autant plus grave qu'essentiel renvoie à essence et sans essence on n'avance plus, c'est la panne. L'essence humaine on veut dire, la conscience d'être. En quelque sorte, je vends donc je suis, quand je ne vends plus, je ne suis plus. Ou j'achète donc je suis. Ou... Etc. Toute cette histoire d'urgence sanitaire nous emmène décidément dans des questions vraiment essentielles. Par exemple, peut-on "être" sans être libre ? Non ? Alors il faut descendre dans la rue contre la nouvelle loi qui réduit un peu plus les libertés. Et résister au Black Friday. Comme au virus qui entrave aussi nos libertés, tue même parfois. Que de dilemmes en cette fin 2020 ! Voilà qui ferait une belle discussion, dans une franche amitié, autour d'un demi. Mais le bar reste fermé. Pas essentiel, qu'ils disent.

Michel Rouger
vocal_001_14.mp3 Vocal 001.mp3  (563.39 Ko)


26/11/2020

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