Alternatives

« Changeons le système… pas le climat ! » disent les citoyens du tour Alternatiba


04/07/2018

Le tour Alternatiba, mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale, est passé à Redon, ce mardi 3 juillet. Les douze cyclistes, harassés mais joyeux, ont été accueillis par une cinquantaine d’habitants du pays qui les attendait à Saint-Nicolas-de-Redon pour une «vélorution» qui les a emmenés au village des alternatives installé dans le centre-ville.




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« Alternativez-vous ! Alternativons-nous ! » Un joyeux marché s’est installé mardi dans l’amphithéâtre urbain de Redon. On pouvait faire le plein de son panier d’alternatives à la malbouffe, au gaspillage et à l’intolérance : « Le but de ce village, dressé à l’occasion du passage du tour Alternatiba, explique Jean-Christophe Chaurin, l’un des coordinateurs, était de parler du changement climatique et de présenter toutes les alternatives qui, déjà, sont menées dans le pays de Redon. »

Fours solaires, lessives faites maison, monnaie locale solidaire, ordinateurs de seconde main, recyclerie, tri des déchets… Il y avait de quoi modifier les gestes quotidiens pour lutter contre le gaspillage et le réchauffement climatique. Il y avait aussi nombre d’initiatives solidaires et citoyennes, soutien aux migrants, agriculture durable et responsable, covoiturage, jardinage partagé, éoliennes citoyennes, lutte contre le chômage de longue durée… Il y avait enfin des artistes, musiciens, chanteurs et conteurs pour interpeller les habitants, mettre de la joie et éclairer les alternatives du pays. « Alternatiba veut montrer ces alternatives, les renforcer et les développer pour changer le système, pas le climat ! »

« Vous là-haut ! Qu’attendez-vous ? »

Le mouvement citoyen Alternatiba est né à Bayonne en 2013 à partir de deux constats : « D’une part, le réchauffement climatique s’accélère, touche les populations les plus pauvres de la planète et menace à moyen terme les conditions de vie sur terre. D’autre part, des solutions existent et sont à portée de mains, elles n’attendent que nous. » La petite équipe, vêtue de vert comme les couleurs de leur ambition, s’est élancée sur les routes de France le 9 juin dernier.

Le tour prendra fin les 6 et 7 octobre à Bayonne après être passé par Paris en septembre, quelques jours avant le nouveau rassemblement mondial de la COP 21. Les cyclistes engagés auront au total parcouru quelque six mille kilomètres et suscité la création de 130 villages. Sans manquer de redire aux chefs d’États : « Hey, vous là-haut ! La transition est en route… Nous, citoyens de tous les territoires, l'avons enclenchée, alors qu'attendez-vous pour faire de même ? »

Texte et photos : Tugdual Ruellan.

Huit actions alternatives... parmi beaucoup d'autres

Avessac sans frontières : des gâteaux au goût d’ailleurs

Voilà seize ans qu’Avessac sans frontières accompagne les familles de demandeurs d’asile qui résident sur la petite de Loire-Atlantique, aux portes de Redon. « Trente-trois familles ont été accueillies, confie la présidente Odile Cocaud, essentiellement en provenance du Caucase, quelques-unes du Congo, du Tchad, de l’Angola, de Syrie et d’Azerbaïdjan. L’une d’elles est restée, les autres ont rejoint Nantes ou Saint-Nazaire en quête d’un emploi. »

Au quotidien, les bénévoles accompagnent les migrants dans toutes leurs démarches. Deux fois par semaine, ils proposent une initiation à la langue française, aident les enfants à faire leurs devoirs chaque mercredi après-midi. Ils financent aussi directement trois logements et assurent les nombreux transports en l’absence de moyens de transport en commun. A l’heure où il est question de supprimer le cada d’Avessac, centre d’accueil des demandeurs d’asile, l’action se fait plus forte : « Actuellement, nous accompagnons trois familles qui ont été déboutées du droit d’asile. Nous espérons que leur situation soit régularisée au plus vite. »
Contact : Odile Cocaud – tél. 02 99 91 01 59.

D’incroyables comestibles à partager

Né en Angleterre, le mouvement participatif "Incroyables comestibles" s’est répandu en France à partir de 2012. « On plante, on jardine, on arrose, on discute et on passe des moments de convivialité, lancent en riant Catherine Guiho et Sophie Rouxel, toutes deux membres du collectif du pays de Redon-Bretagne Sud. Nous créons des espaces de jardins dans la ville pour produire de la nourriture pour tous. » Soutenus par la Ville de Redon et le Conseil de développement du pays de Redon, les joyeuses jardinières et joyeux jardiniers ont déjà créé sept jardins sur des parcelles mises à disposition : « Tout est bio bien sûr… Fraises, framboises, tomates, menthe chocolat ou poivrée, ciboulette peuvent être consommés par les gens qui passent ! C’est un lien social, une dynamique de bonne volonté, d’entraide qui sont créés, et toute cela dans un climat bienveillant. »

L’association organise aussi le compostage de déchets ménagers : « Chacun peut y contribuer en apportant les restes biodégradables de sa poubelle dans le composteur collectif situé rue Charles Sillard, explique la référente, Christiane Duverger. Le compost obtenu retourne au jardin. » Un rendez-vous festif, ouvert à toutes et tous, est proposé le mardi 10 juillet, à 18 h 30 pour jardiner ensemble au parc de Bel-air de Redon et à 20 h, au jardin de Visnonia à La Croix-des-Marins, pour un pique-nique avec animation musicale.
Contact : 02 99 70 39 58
Incroyablescomestibles.prbs@gmail.com

Clic’n Puces rebooste les ordinateurs

Pour lutter contre le gaspillage et diversifier ses activités, l’entreprise d’insertion Clic’n Puces, créée en 2015, a lancé une activité de réemploi du matériel informatique : « Nous récupérons le matériel auprès d’entreprises, d’administrations et d‘associations, explique Stéphane Groiset, codirecteur en charge de la production. Nous les nettoyons avant de les équiper de systèmes d’exploitation en libre accès. » Les appareils, ainsi  remis en état, sont revendus à petits prix aux particuliers lors d’opérations organisées à La recyclerie.

L’entreprise, signataire de la charte 3.0 qui implique qualité et traçabilité de la démarche, disposera prochainement d’un espace de vente dans les locaux de l’association les Mulots qui propose elle-même formation et maintenance informatique. Une nouvelle activité va également démarrer prochainement : la mutualisation du transport de marchandises avec le soutien du Fonds départemental d’insertion : « Nous venons d’acquérir un petit camion et organisons la boucle dite "du laitier" passer d’une entreprise à l’autre pour transporter des palettes en évitant les voyages à vide. Nous pourrons ainsi former des personnes à la logistique. »
Contact : Clic’n Puces, tél.  02 99 71 31 42, http://clicnpuces.fr/
Les Mulots, 51, rue de la Châtaigneraie, Redon, tél. 02 99 70 50 60
courriel : contact@lesmulots.org  ; site : www.lesmulots.org

Pour les Hydrophiles, il est urgent de créer un centre de l’eau

Il est nécessaire et urgent de créer un centre scientifique, économique et culturel de l'eau, en pays de Redon, clament Yohann Guard et Jean-François Lugué des Hydrophiles, association née il y a 3 ans : « Notre pays est traversé de nombreuses rivières et marais, l’eau y est un élément fort de notre culture et de notre patrimoine ; la préservation de l’eau est aussi un enjeu écologique pour les futures générations, l’un des plus importants de l’avenir de l’humanité. »

Les Hydrophiles interviennent dans plusieurs domaines : science et technique, culture, histoire et patrimoine, synergie avec les entreprises et le secteur de la formation et aussi, lieu de réflexion et de débat autour de la gestion de l’eau : « Un grand projet est lancé dans le pays avec une réflexion citoyenne, Confluences 2030 : nous espérons que la préservation de l’eau y est une des composantes majeures. »
Contact : www.leshydrophiles.com

Emport’où pour réduire le gaspillage alimentaire

C’est une boite en plastique. On peut désormais y mettre le reste de son repas, non consommé au restaurant ou l’utiliser pour transporter des denrées alimentaires : « Nous l’avons imaginée avec les commerçants et les restaurateurs pour lutter contre le gaspillage alimentaire, explique Emmanuelle Signol, animatrice au service environnement de Redon agglomération. Savez-vous que nos poubelles contiennent encore 27% de déchets fermentescibles dont des produits alimentaires non consommés, soit 8 kilos de produits alimentaires non consommés par habitant et par an ! » Le service propose aussi le prêt de kits de couches lavables pour les familles et assistantes maternelles du territoire.
Contact : service environnement, tél. 02 99 72 54 92, contact@redon-agglomeration.bzh

Vers le zéro déchet sans prise de tête !

Amélie Brault propose une initiation au mode de vie zéro déchet avec son association, Terre agir pour la planète. Faire soi-même sa lessive, son déodorant, un détachant pour le linge, ses éponges de cuisine à partir des chaussettes orphelines, des sacs avec les vieux tee-shirts, réemployer les objets usagés, confectionner des recettes utilisant les restes, des colliers multicolores en perles de papier… « Il y a mille et un gestes à inventer pour lutter contre le gaspillage. Mais il nous faut aussi ré-apprendre à économiser l’eau, l’électricité, toutes les ressources naturelles. » Depuis octobre 2016, Amélie propose des ateliers en entreprise, milieu scolaire, collectivités et à domicile pour apprendre à faire soi-même ses produits. Elle teste, cherche, innove et met toutes ses recettes et ses trouvailles en partage sur son blog. Contact : 06 98 10 23 76 ; blog : https://terre-agir.com/
terreagirpourlaplanete@gmail.com

Connexion paysanne pour brancher la ville à sa campagne

Une vingtaine de producteurs paysans et une dizaine de consommateurs, réunis dans un rayon de 30 km autour de Redon, ont créé le collectif Connexion paysanne en mars dernier. « C’est un lieu d’échange, de partage et de diffusion de produits et de savoir-faire, confient les co-fondatrices, Coraline Hervo et Barbara Monbureau. Y sont proposés des produits de qualité, authentiques, naturels, sains et savoureux. Un produit paysan est souvent bio, parfois de race locale ou issu de semences anciennes. » Chacun s’est engagé dans une charte qui a d’ailleurs été signée mardi soir à Redon. Le collectif souhaite créer à Redon un magasin dans lequel on trouvera des paniers de produits paysans ainsi qu’une cantine avec proposition d’un repas chaque jour.
Contact : tél. 07 85 75 73 77
connexion.paysanne@zaclys.net

Des savons à l’image et à l’odeur du pays

La savonnerie des Cinq sens s’est installée dans la ferme du même nom à Guipry-Messac, une ferme reprise collectivement aux côtés des Paysans boulangers et des Primeurs des cinq sens. Tamara Glas propose une gamme de sept savons, à base d’huile végétale, dont certains parfumés : « Je profite du réseau paysan en agriculture biologique et utilise le plus possible des plantes et produits du territoire, lait, huiles végétales, son de blé, fleurs de calendula... Je travaille par saponification à froid pour fabriquer un savon local, écologique et respectueux de la santé de chacun. J’avais envie de partager ce mode de vie ancré dans la nature et la saisonnalité. »
Contact : http://savonneriedes5sens.fr/la-savonnerie-des-5-sens/

POUR POURSUIVRE...

Alternatiba à Redon
Les alternatives pour le climat et la justice sociale se sont rassemblées en centre-ville de Redon ce mardi 3 juillet. Étaient proposés par des associations et organismes locaux, des ateliers et des solutions pour vivre mieux, pour soi et pour le climat : Mobilité de proximité, un vélo pour l’Afrique, le manège à pédale de Vincent, Territoire zéro chômeur de longue durée, Eoliennes en pays de Vilaine, Echopaille, le conseil de développement, Repair café, produits naturels de Virginie Thomas, la Recyclerie, l’association végétarienne de France, le GEM, Soutien migrants Redon, la Carotte et le bâton, les Poêles enchantées. Il y avait aussi un mur d'expression, proposé par la Cades, pour exprimer ses idées et ses envies pour Redon, un espace enfant, animé par la Ludothèque du Centre social Confluence ; un espace restauration et bar, pour se régaler, discuter et se détendre ; des concerts et des spectacles ; une conférence sur le climat et les alternatives, à la salle de la Mutuelle des Pays de Vilaine et la projection de deux films à Manivel'Cinéma, "La Terre vue du Cœur" d'Hubert Reeves et "Nul homme n'est une île" de Dominique Marchais.
 
 
 

Agir face à l’urgence climatique 
Quel regard porteront les gens vivant en 2040 sur notre génération ? Dans quel monde vivront-ils ? Alternatiba réunit des milliers de citoyennes et citoyens engagé·e·s face à l’urgence climatique dans la promotion et la mise en place d’alternatives concrètes. Le mouvement marche sur deux jambes : celle des alternatives pour construire une société plus juste, plus solidaire, plus conviviale et plus soutenable, ainsi que sur celle de la résistance pour bloquer les projets climaticides et interpeller les décideurs politiques et économiques sur l’urgence de s’emparer de ces solutions, aux côtés du mouvement Action non-violente COP 21.
Communiqué à lire ICI.
https://alternatiba.eu/





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Un été français

Comment ça va à la maison ? Nous, on n'oubliera pas nos vacances en France ! La Coupe du Monde a provoqué une euphorie incroyable. Oubliée la France qui broie du noir, chipote, râle, proteste contre le foot-business et le reste Des gamins de banlieue devenus grands ont fait un miracle. Ils ont uni le pays. Tout d'un coup, des jeunes Noirs nés dans des quartiers décriés sont devenus Français. A Moscou, au nom de tout le pays et pour la fierté ainsi rendue, le président les a embrassés un à un, mouillant sa chemise en glissant à chacun un petit mot : « Dis à tes copains que je ressors le grand plan pour les banlieues », « Moi aussi, je vais jouer maintenant collectif », etc. On nous a dit que la France avait déjà vécue cette euphorie il y a vingt ans, en 1998. En juillet, elle était devenue soudain « black-blanc-beur » En septembre c'était fini. Pas grave, nous, on sera rentrés. C'était un grand moment.  

Michel Rouger

16/07/2018

Nono