Vu, Lu, Entendu...

30/09/2019

Un livre sur l'émancipation et le féminisme noir




Sous le titre "Empowerment et féminisme noir", les Editions Anacaona  publient aujourd'hui un ouvrage de la féministe brésilienne Joice Berth.  

Joice Berth rencontre la philosophe féministe Djamila Ribeiro en 2015, à travers son engagement pour le féminisme noir et les questions raciales. Elles participent ensemble à des débats, des conférences, et deviennent amies. Djamila Ribeiro lui propose d’écrire un livre dans la collection qu’elle coordonne : c’est ainsi qu’est né le projet de Empowerment et féminisme noir.

JJoice Berth présente sa version de l’empowerment – terme anglo-saxon désignant l’autonomisation, ou pouvoir d’agir. Ces dernières années, ce concept a malheureusement été vidé de son sens original et a perdu son pouvoir transformateur pour devenir une pratique individualiste, carriériste, récupérée par le néo-libéralisme.

L’empowerment est pourtant un véritable outil d’émancipation politique et sociale. Les féministes noires du Brésil, dont Joice Berth est l’une des figures de proue, s’en sont donc réemparées pour questionner les inégalités dans la société, et penser à un ensemble d’actions antiracistes, antisexistes, anticapitalistes. Elles l’appliquent au domaine politique, économique, culturel, et également de façon novatrice au domaine affectif et esthétique, dans un processus de libération par rapport à la norme imposée comme belle et digne de respect.

« S’appuyant principalement sur la réflexion d’intellectuelles du Sud global, explique Djamila Ribeiro, Joice Berth démontre que l’empowerment est un instrument de conscientisation des relations injustes de pouvoir, et un outil de transformation sociale collective et pas seulement individuelle. Un concept et un livre nécessaires. » 

Joice Berth sera en France et en Belgique en novembre, avec Djamila Ribeiro : le 13 novembre à Rennes, le 14 à Lyon, le 15 à Lyon, le 16 à Bruxelles, le 17 à Lille, le 18 à Montpellier, le 19 à Toulouse, le 20 à Paris !

Empowerment et féminisme noir, de Joice Berth, 155 p., 12 €. En vente aux Editions Anacaona
emancipation.mp3 Emancipation.mp3  (3.77 Mo)





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Le billet de la semaine

​Marché colonial

Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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