Entreprendre

La Redonnerie, une aventure humaine et environnementale


06/12/2018

« Donnez plutôt que jetez ! » Le message a vite fait le tour du pays de Redon depuis que la recyclerie a ouvert ses portes en décembre 2017. Plusieurs structures de l’économie sociale et solidaire ont rejoint l’agglomération pour créer la Redonnerie, une entreprise qui, paradoxalement, conjugue au quotidien, commerce, marketing et économie avec don, lien social, réemploi et lutte contre le gaspillage.





Franck Guillouzouic, directeur de la La Redonnerie, recyclerie du pays de Redon
Franck Guillouzouic, directeur de la La Redonnerie, recyclerie du pays de Redon
Depuis quelques mois, les véhicules défilent sur le parking de la recyclerie, installée non loin du centre-ville de Redon, dans un ancien bâtiment industriel réhabilité. La nouvelle a fait le tour des trente-et-une communes de l’agglomération. Depuis les coffres de voiture, remorques et autres camionnettes, on transvase tous ces objets devenus inutiles, tout heureux de faire un peu de vide dans nos habitats surchargés. Il y a de tout, vaisselle, vêtements, livres, objets de décoration… En face, les visages des bénévoles s’illuminent. On sait, qu’une fois dépoussiéré, défroissé et relooké, l’objet va faire plus d’un heureux et qu’une deuxième vie l’attend.

Le soutien de la collectivité

La réflexion a commencé en 2011 au sein de la communauté de communes : comment valoriser tous ces objets collectés en déchèterie dont certains sont encore en bon état ? La Cades, pôle de l’économie sociale et solidaire du territoire, est alors sollicitée pour mener une étude de faisabilité : « Nous avions déjà élaboré un plan de rénovation des déchèteries, rappelle Yvon Mahé, vice-président de Redon Agglomération, en charge entre autres, de la gestion des déchets et de la protection de l’environnement. Dans six d’entre elles, ont été construits des bâtiments pour collecter les déchets pouvant être réutilisés. En 2016, le conseil communautaire décidait d’installer une recyclerie ». Un ancien bâtiment de stockage, propriété de la collectivité après un rachat à l’entreprise Genitec, est alors réhabilité. Coût des travaux : un million d’euros avec une subvention pour moitié, accordée par l’Ademe.

La Redonnerie, une aventure humaine et environnementale

D’emblée, une dynamique coopérative

L’association La Recyclerie de Redon est créée. Elle réunit, et c’est son originalité, la nouvelle agglomération qui vient de voir le jour et diverses structures de l’économie sociale et solidaire : Un vélo pour l’Afrique, l’AIDE association intermédiaire, Clic’n Puces et les Mulots (réemploi informatique), la Fédé et son chantier d’insertion Lever le Rideau, l’entreprise adaptée Agromarais et l’Esat du Pâtis. Le bâtiment est mis gratuitement à la disposition de la nouvelle entreprise : « Il y avait alors, poursuit Yvon Mahé, l’intention d’animer ce projet de territoire par une dynamique coopérative. » Franck Guillouzouic est embauché en 2017 pour lancer l’initiative.

Une équipe engagée et partie prenante

Franck n’est pas spécialiste du tri ni de la valorisation des déchets. Mais le défi le passionne et le séduit : « J’avais longtemps travaillé dans le secteur associatif puis comme consultant et formateur, intéressé par les projets "de transition " liant économique, social et environnemental. Je souhaitais vivre une autre aventure professionnelle. » Tout est à construire. Sur les 1800 m² disponibles, 545 m² sont organisés en espace de vente. Les habitants, las de jeter, sont plutôt satisfaits de déposer leurs objets pouvant être réemployés tandis que les agents de l’agglomération transfèrent les objets collectés en déchèterie. Tout est valorisé mis à part les gros appareils électro-ménagers. Une équipe de six salariés est constituée (cinq équivalents temps plein) : Franck (direction), Véronique (secrétariat et gestion, conseil et caisse), Cédric, Alain, Louise et Julien chargés de la collecte, l’accompagnement des bénévoles, la gestion des filières de recyclage, la mise en rayon et le conseil en boutique. La recyclerie ouvre ses portes au public le 9 décembre 2017. Dès le démarrage, les premiers clients sont au rendez-vous.

Première étape : la collecte

Les objets mis en vente ont trois provenances. Il y a ceux qui sont déposés par les particuliers, trois après-midi par semaine ainsi que le samedi : « C’est 80 % du flux, explique Franck. Un objet en trop mauvais état ou sans perspective de réemploi peut être refusé mais c’est assez rare car nous ne voulons pas décourager les particuliers qui ont fait l’effort de venir jusqu’à nous ». Il y a ceux qui sont collectés en déchèterie. Un local de réemploi de 20 à 25 m² est dédié dans les six plus grandes déchèteries du territoire. Les agents orientent les utilisateurs pour les inciter à déposer les objets encore en état. Ils sont ensuite transférés vers la recyclerie de Redon mais aussi celle de Conquereuil - Recycle & Don - et la déchèterie de Guémené-Penfao en Loire-Atlantique : « Nous serons bientôt présents sur place, ponctuellement, pour accompagner les agents et sensibiliser les utilisateurs au réemploi ». Toutes les deux semaines, les agents de l’agglomération assurent le transfert des objets collectés jusqu’au site de Redon en même temps que les produits dangereux qui sont déposés au centre de transfert.

Deuxième étape : le tri et la valorisation

« Ce sont les trois-quarts du travail !, atteste Franck, Il faut trier et estimer le potentiel de réemploi de chaque objet à partir de critères que nous avons élaborés pour chaque catégorie. » Les objets destinés au réemploi sont pesés et déposés dans de grands bacs à l’entrée du bâtiment. Ils perdent alors leur statut de "déchet" car pouvant être réemployés et mis en vente. Les objets hors d’usage, catalogués "déchets", sont déposés dans des bennes et bacs dédiés après avoir été aussi pesés.

Le flux s’organise par grandes catégories d’objets : textiles, chaussures, jeux et jouets, vaisselle et bibelots, livres, CD et magazines, meubles, petit électro-ménager, luminaires, cadres et décoration… Les bacs sont ensuite orientés vers les ateliers de tri thématiques : à chacun son équipe, son organisation, ses critères de valorisation. Ce sont surtout les bénévoles qui effectuent ce travail, une équipe d’une soixantaine de personnes. La plupart viennent une demi-journée par semaine, certains sont présents trois ou quatre jours par semaine. Le goût et les talents de chacun sont valorisés au profit de l’entreprise collective.

Un premier bilan plutôt positif

Bien sûr, le flux d’objets valorisés par la recyclerie reste infime sur le territoire n’excédant pas 3 % du flux des déchèteries. « Mais, symboliquement, estime Franck, nous contribuons grandement au changement de mentalité, aux manières de faire et de consommer. C’est un projet social et économique, basé sur l’économie du don, à la fois de temps et d’objets. Nous sommes aussi un commerce avec une stratégie de vente et de développement, avec une politique de petit prix mais en même temps de qualité. Cela peut paraître contradictoire mais c’est tout l’intérêt du projet : il faut trouver le juste équilibre entre notre vocation sociale et notre équilibre économique ».

Se développer reste un challenge

Au bout d’un an de fonctionnement, le bilan est plutôt positif. Il était prévu de collecter durant la première année, 90 tonnes d’objets avec un objectif, en vitesse de croisière dans la troisième année, de 200 tonnes collectées : « Dans les six premiers mois de 2018, se réjouit Franck, nous avons collecté plus de 90 tonnes. On estime que plus de 190 tonnes auront été collectées en 2018. » Il faut dire qu’un grand soin est apporté collectivement à la présentation des objets : les rayons sont attractifs, les objets sont tous en bon état et propres, les prix sont à la portée de tous.

Le budget global de l’entreprise évolue aux environs de 200.000 € : « À terme, le chiffre d’affaires doit couvrir la masse salariale et les charges fixes. » La recyclerie bénéficie de fonds européens du programme Leader, pour la période de 2017 à 2019, ainsi que de contrats aidés soutenus par l’État. Elle bénéficie aussi d’une subvention de fonctionnement de 40 000 € en plus de la mise à disposition gracieuse des locaux par Redon agglomération. « Pour l’instant, tempère Franck, ce soutien financier demeure indispensable pour faire vivre l’entreprise. Se développer reste un défi ! »

Un coût à relativiser

« Revisitons nos indicateurs de richesse », lance l’économiste Patrick Viveret ! Effectivement, pour contrebalancer le coût que représente la recyclerie, sans doute faut-il placer l’ensemble des données dans la balance économique. A-t-on pris le temps d’estimer l’économie réalisée par la valorisation d’objets réemployantes, destinés à devenir « déchets » ? : « Non, sourit Franck. Pourtant nos produits ne viennent pas de l’autre bout du monde : si nous pouvions être rémunérés pour la tonne de CO² évitée… on serait plus riche ! » A-t-on évalué tout autant la politique de prévention et de sensibilisation menée auprès des habitants à la lutte contre le gaspillage ? « Non… Par ailleurs, ce que nous vendons se situe en moyenne à 10% de la valeur réelle de l’objet vendu neuf dans le commerce. C’est donc aussi du pouvoir d’achat que l’on redistribue de manière indirecte et qu’il conviendrait de valoriser ». Sans compter, comme nous y invite Patrick Viveret, la joie au travail et le bonheur de construire une entreprise citoyenne…

Un projet coopératif innovant

La majorité des recycleries créées en France sont portées par des chantiers d’insertion ou des collectivités territoriales. L’originalité de la Redonnerie est de favoriser un projet coopératif associant collectivité et structures locales de l’économie sociale et solidaire du territoire. Ainsi, l’association Un vélo pour l’Afrique récupère les vélos, les répare dans son atelier et en dépose quelques-uns à la vente. Un pourcentage de 15 % de la vente est alors versé à la recyclerie. L’Esat du Pâtis à Redon, qui développe une filière de recyclage, récupère le carton collecté et assure l’entretien des locaux de la recyclerie. La Fédé et son chantier d’insertion Lever le rideau, gère l’atelier textiles, linge et chaussures de la recyclerie. Quatre heures par semaine, une encadrante et deux salariées du chantier d'insertion sont présentes aux côtés de l’équipe de la Redonnerie.
 
Clic’n Puces, scop spécialisée dans le réemploi informatique et l’association Les Mulots ont animé durant le premier semestre 2018, un rayon informatique dans la boutique de la Recyclerie. Les appareils informatiques éventuellement collectés leur sont remis pour une mise en vente dans leur boutique à Redon. L’AIDE et le Secours populaire assurent, selon les demandes, le débarras à domicile. Une réflexion, portée par une autre association, est en cours pour un projet de recyclerie de matériaux du bâtiment tandis que des liens s’établissent avec les deux autres recycleries du territoire, à Pipriac et à Conquereuil. « Ce sont des solutions "gagnant-gagnant" qui se construisent, explique Franck Guillouzouic. Les prémices d’un partenariat économique coopératif, social et solidaire plein d’espoir... »
Texte et photos : Tugdual Ruellan.

Contact

La Redonnerie, 7, rue de Briangaud, Redon
Ouvert au public le vendredi après-midi et le samedi
Tél. 02 57 71 00 35

POUR ALLER PLUS LOIN...
Le mois de l'économie sociale et solidaire ICI.

PAROLES DE BENEVOLES ET DE SALARIE-E-S

Micheline, bénévole, chargée de la vaisselle

« Je suis présente depuis l’ouverture ! Ce projet correspond en plein à mes envies de retraitée après une carrière comme éducatrice spécialisée. Il me plait car il a une vocation sociale multiple : il accueille des stagiaires de tous horizons, des clients vraiment dans le besoin mais aussi des jeunes qui s’installent, des fouineurs, des brocanteurs, des associations qui ont besoin, par exemple, de vaisselle pour un repas. Les objets trouvent ici une seconde vie et ça me plaît bien. Au fur et à mesure que les clients se pressent, la surface de vente s’est agrandie. Je viens trois demi-journées par semaine, une pour la vente, les autres pour trier, laver, estimer le prix, mettre en rayons. Il y a une exigence de qualité et ce qui est proposé à la vente est en parfait état. Une exigence aussi de nouveauté : toutes les semaines, nous mettons en rayon de nouveaux produits. Il y avait une attente très forte et l’accueil du public est très positif.»

Sabrina, bénévole, chargée des jeux et jouets

« Je suis mère au foyer et j’ai intégré l’association en décembre 2017. J’étais venue pour déposer des peluches ! Le rayon ne cesse de grandir. Il faut trier, nettoyer et surtout, vérifier l’état de tous les jouets. C’est comme un magasin d’occasion. Nous tenons à donner d’emblée une bonne image. Les équipes sont bien distinctes mais il y a une super ambiance entre nous. Et dans chaque rayon, il y a des passionnés… La dame qui s’occupe des livres est une ancienne libraire, le monsieur qui gère le rayon chaussures est un amoureux du cuir : ils les nettoie, les cire, les bichonne ! Ça produit de belles choses. Bénévoles et salariés sont interdépendants : sans les uns et les autres, ça ne fonctionnerait pas de la même façon. Une étape nous attend tous prochainement : l’ouverture du magasin un jour de plus par semaine. Et il ne faut pas rater ce nouveau rendez-vous ! »

Jacqueline et Christiane, bénévoles

« On se connaissait et on a eu envie de participer. L’ambiance est très conviviale et on est tous bien ensemble autour de ce projet, toutes générations confondues. Tout le monde fait attention à tout le monde et on s’amuse. Le mercredi matin, on participe à l’entretien du magasin et au rangement des rayons puis on se met au tri des vêtements qui sont arrivés, il y a de tout. À chaque fois, c’est une montagne ! Nous veillons à la mise en valeur du vêtement avant la mise en rayon. Ce n’est pas une deuxième poubelle et nous devons inciter à la vente ! Les vêtements non réutilisables sont déposés au Relais pour être, entre autres, transformés en matériaux d’isolation.»

Alma et Gwendal, jeunes engagés en service civique

Alma : « Je suis Italienne, originaire du nord de l’Italie et j’ai 19 ans. Après un Service volontaire européen d’un an à Redon, j’ai voulu rester et continuer en service civique de dix mois. Mon père, metteur en scène, m’avait donné trois choix : le service militaire, la police… ou le voyage. J’ai choisi le voyage ! J’ai envoyé 150 mails à divers organismes européens et j’ai choisi le projet de Redon. Avec Violaine, nous sommes tous les trois ambassadeurs du réemploi. Nous participons aux animations et aux ateliers, au tri et à la valorisation des objets. On réfléchit à créer un nouvel accueil qui soit en même temps atelier et espace de convivialité. Mon projet se termine et je crois que j’ai vais rester ici encore quelque temps…»
 
Gwendal : « J’habite à Redon. J’ai passé un bac pro en gestion-administration à Redon et j’ai découvert la recyclerie à l’occasion d’un stage d’un mois. J’y ai rencontré des gens sympas, aux parcours riches et variés, personne n’a vécu la même chose ici. C’est comme ça que j’ai découvert le service civique et ça m’a donné envie de m’engager. Je suis là pour huit mois et je suis très heureux. J’y viens même en dehors de mes jours de travail. De par mes compétences en informatique, je participe à la gestion des plannings, des tableurs. Après, je vais poursuivre mes études en BTS… C’est une super expérience, j’ai trouvé ici une deuxième famille.»

Véronique, bénévole devenue salariée, le goût du livre

« J’ai commencé en décembre comme bénévole avec mon mari et suis devenue salariée de la recyclerie, en contrat aidé, vingt-quatre heures par semaine, en tant que secrétaire administrative. J’étais demandeur d’emploi de longue durée et n’avais pas encore l’âge légal de la retraite. J’ai toujours été une femme active et je souhaitais continuer à travailler. Ça m’était très pénible de rester dans ce statut de demandeur d’emploi. La recyclerie est un milieu bienveillant et accueillant, je m’y sens très bien, ce que je ne connaissais plus depuis longtemps au niveau professionnel. Ce que je fais est dans mes compétences, j’ai fait plusieurs métiers, du droit, du recouvrement de créances, j’ai même travaillé dans la grande distribution... terrible ! Au virage de la quarantaine, j’ai voulu changer de cap. Après un BTS commerce en librairie, je suis devenue libraire parce que j’adore les livres. Nous avons fait du rayon livres un espace convivial, accessible à tous. J’ai retrouvé ce plaisir de mon métier d’avant avec en plus, un projet qui a du sens. »

Cédric, salarié : « Il y a de l’or dans nos poubelles ! »

« Tout petit, j’adorais aller dans les jailles et autres dépôts d’ordures avec mes grands-pères ! J’ai une expérience variée dans plein de corps de métiers, bâtiment, industrie, services… en tant qu’intermittent du travail ! Du coup, j’ai acquis une large connaissance des matériaux et des filières. J’ai aussi travaillé cinq ans comme éducateur technique dans la protection de l’enfance. Je suis devenu gardien de déchèterie et ai ainsi découvert le tri et toutes les filières de valorisation. Il y a de l’or dans nos poubelles ! J’ai été séduit par ce projet de recyclerie qui lie bien à la fois un projet social et un projet environnemental. La recyclerie devient un lieu d’activités, de rencontres multiples, de vivre ensemble, d’ouverture… un lieu de vie public. Chacun contribue à la réussite de l’entreprise et chacun y a une grande importance, peu importe son diplôme, son métier ou son rang social. Sans compter que la Redonnerie est une excellente porte d’entrée et d’accueil offerte aux nouveaux habitants. »





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​So frenglish, n'est-il pas ?

My God ! Pas de Digital Tech Conference, pour moi, ce 30 novembre à Rennes. J'ai zappé Book your pass ! Le Pass XL pour le cocktail VIP, bof. C'est surtout que je loupe les battles d'une trentaine de speakers sur les sujets les plus hype du numérique : côté DigitalFood, l'arrivée de la food robolution et plus encore côté DigitalLove cette question stimulante : "Est-ce que les innovations du type sex dolls et sex robots sont réellement le futur du sexe ?"  Avec la coordinatrice du SexTechLab, premier hackaton sextech organisé à Paris l'an dernier. Moi qui me rêvais un peu in, me voilà out, exclu, sans avenir, à la porte du nouveau monde américain, condamné à parler, m'habiller, manger, penser français comme d'autres hier breton, berbère ou wolof. Condamné, pour oublier, à écouter  un disque inusable de Boris Vian. 

Michel Rouger

29/11/2018

Nono