Vu, Lu, Entendu...

23/03/2020

A lire : "Histoire populaire de la Bretagne"


Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours


A lire : "Histoire populaire de la Bretagne"
histoire_populaire.mp3 Histoire populaire.mp3  (1.4 Mo)

1532, cette date vous parle ? Oui, sans doute : c'est l'année du rattachement de la Bretagne au royaume de France. Mais dans le même temps « le Pays nantais subit la plus terrible famine de son histoire ». Et cela on le sait moins.  Voilà un exemple proposé par les auteurs (1) de l'« Histoire populaire de la Bretagne » pour illustrer l'angle  original de leur ouvrage. Ils adoptent « le point de vue des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes sans histoire, sans papiers. ».

Le long des dix sept chapitres, de l'âge de fer à aujourd'hui, en picorant dans l'ouvrage, nous apprenons, par exemple, qu' « en 1337, le duc Jean III et l'évêque de Nantes ordonnent que la journée de travail s'étende du lever au coucher du soleil sans discontinuité. Même si les pauses, les collations et les repas sont inclus dans le temps de travail, les journées de juin à août sont particulièrement longues et pénibles » (p.51).

Lors de la révolte des Bonnets rouges (1675), « le revers de la si abondante présence du clergé est l'existence d'un prolétariat clérical. (…) A Duault (Côtes d'Armor), trois prêtres figurent parmi les paroissiens qui attaquent et pillent le recteur » (page 201). Ou encore, plus proche de nous, « dans les grandes villes bretonnes, le principe de l'accès de tous à l'éducation et même à la culture, s'impose peu à peu à la fin du 19ème siècle » .

Ces activités s'appuient sur le mouvement coopératif, souvent lié au mouvement syndical (page 336) : « Dans les premières années du 20ème siècle, le mouvement s'élargit à la culture : universités populaires à Brest et à Rennes, cours du soir les plus divers, conférences, enseignement musical et fanfares, projet d'équipe de football à Saint Malo et même du cinéma à Fougères... »

Ce livre se lit facilement, avec plaisir. Il est écrit en français courant, sans jargon de spécialistes. On peut le parcourir d'abord et commencer par lire l'un des chapitres qui nous intéresse particulièrement. Ce n'est pas un roman policier, il n 'est pas nécessaire de commencer par le premier  chapitre. Un beau travail d'historiens ! Cette Histoire constitue une vraie découverte, très différente, pour beaucoup d'entre nous, de celle apprise à l'école. 

(1) Alain Croix, Thierry Guidet, Gwénaël Guillaume et Didier Guivarc'h, trois historiens et un journaliste. Presses Universitaires de Rennes 492 pages.20€.



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​C’est la guerre

Tocsin. Mobilisation générale. "Nous sommes en guerre", a martelé six fois lundi soir le Président Chef des Armées. Tous aux abris ! Et bien entendu : on ne va pas, par désinvolture, filer la saloperie aux plus fragiles au risque qu’ils en meurent et d’aggraver la charge de travail des personnels soignants. Car l’ennemi pilonne durement nos services de santé inconsidérément fragilisés. Un peu comme nos bornés de généraux de 1914 avaient lancé des soldats en rouge/bleu horizon sous la mitraille allemande, nos gouvernants affaiblissent depuis des décennies nos hôpitaux. Avant que surgisse cette guerre, les héros célébrés aujourd’hui ont réclamé en vain des effectifs, des lits, des moyens suffisants. Ils se battaient depuis le 18 mars 2019, un an, impuissants comme nous tous devant la pandémie financière, dite parfois grippe américaine et en France CAC-40, qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans celle du Covid-19. Mais regardons l’horizon. "Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause", a lancé lundi le chef de l’État. Après tout, après juin 40, il y eut mars 44, le programme du Conseil national de la Résistance, les Jours Heureux, la sécurité sociale pour tous, la solidarité collective. Ok, Général. En marche.

Michel Rouger
 

17/03/2020

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