Vu, Lu, Entendu...

18/12/2019

A Guise, ils ont vécu une utopie


Une visite à ne pas manquer : le Familistère Godin à Guise, dans l'Aisne. Pendant plus de cent ans, les travailleurs de l'usine ont bénéficié des services du Familistère.


Le Palais social, premier bâtiment du familistère, est aujourd'hui un musée.
Le Palais social, premier bâtiment du familistère, est aujourd'hui un musée.
guise.mp3 Guise.mp3  (1.5 Mo)


Plus de 1500 personnes ont vécu au Familistère de Guise (Aisne) au plus fort de son activité entre 1858 et 1968 et plusieurs générations s'y sont succédées. Environ 150 appartements sont aménagés dans un immeuble de quatre niveaux. Les habitants bénéficient d'un espace plus ou moins important selon la taille de leur famille. Chaque logement dispose de lumière avec des fenêtres sur deux façades et du chauffage. La cour intérieure couverte d'une verrière est à la fois place du village et lieu des fêtes. Parmi les équipements communs : une buanderie, une piscine. L'eau chaude sur le pallier est fournie par l'usine voisine. Un magasin coopératif, une école, une crèche, un théâtre complètent les  « équivalents de la richesse » selon les termes de Jean-Baptiste Godin, fondateur du Familistère.

La cour intérieure  servait de lieu de fête
La cour intérieure servait de lieu de fête

Un précurseur de l'économie sociale

Pour lui, les familistériens peuvent  désormais s'offrir ces conditions de confort et de salubrité,  grâce à la coopération. Les salariés de l'entreprise détiennent des parts sociales de la coopérative : ils sont collectivement propriétaires de leur usine. Ils reçoivent un salaire, une participation aux bénéfices, et un supplément selon leur mérite. JB Godin met ainsi en œuvre "l'association du capital du travail et du talent". Au milieu du XIXème siècles les ouvriers étaient très pauvres et mal payés. Les habitants du familistère étaient, eux, relativement privilégiés, grâce à leur travail bien rémunéré, dans l'usine de poêles créée par  JB Godin. Ce fut l'une des utopies réalisées du siècle. Les travailleurs, ouvriers, employés, cadres de l'usine de poêles, peuvent y habiter, mais sans aucune obligation. Nombre d'entre eux vivent en ville.

Jean-Baptiste Godin s'appuie sur les thèses du socialisme utopique. Le socialisme basé sur la coopération, s'oppose aux communisme. Il ne propose pas de révolution, mais incite à développer ce type d'initiatives pour transformer la société. Ce courant de pensée se prolonge aujourd'hui dans tous les secteurs de l'économie sous différentes formes coopératives et d'économie sociale et solidaire : coopératives de consommateurs, habitat coopératif, sociétés coopératives de production (scop), coopératives d'utilisation de matériels  agricoles (cuma)...

Le familistère de Guise fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques.

Pour en savoir plus 

Le  site du Familistère de Guise et wikipedia 
 
Ci-dessous, la video "Le familistère de Guise, une utopie réalisée" : un épisode de la série "Urbanisme Habitat Société" réalisé par Sophie Bensadoun et produit par CNRS Images (2013, 7 min)  

 




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Le billet de la semaine

​La vague

Regarder la mer et laisser l'esprit voyager. Surtout ne plus se laisser submerger par la peur. La peur de la « seconde vague » que croient voir arriver au loin, dans la brume, un de ces jours, l'épidémiologiste, le sous-préfet, le journaliste, la cousine dont la nièce travaille à l'hôpital. Regarder la mer. Regarder dans le flot d'abstentions de dimanche la vague verte portée par un courant socialiste que l'on croyait disparu. Regarder la mer et le temps d'un été laisser l'espoir voyager... 

​Michel Rouger

01/07/2020

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