Vu, lu, entendu... Afrique

Exposition : Photographies soudanaises


15/10/2012




Mnaima Adjak, tribu Shenabla, nomade, Kordofan Nord/août 2001
Mnaima Adjak, tribu Shenabla, nomade, Kordofan Nord/août 2001
Le Soudan, cinq fois et demi la France, le plus grand pays d'Afrique jusqu'à sa partition en 2011, ne s'immisce habituellement (et rarement) dans les médias français qu'avec des images de violence et de guerre. Depuis une quinzaine s'années, le photographe Claude Iverné s'est pris d'amitié pour ce pays aux peuples et aux cultures multiples. Il en photographie les habitants majoritairement hors de toute situation de crise, au jour le jour, dans leur environnement quotidien.

« Dans l'ensemble des travaux sur l'Afrique en général, et pour le Soudan en particulier, il y a un mélange d'exotisme et de compassion involontairement raciste. On photographie les gens comme des curiosités, un peu comme si on les présentait à l'Exposition universelle de Paris en 1900. Pas pour ce qu'ils sont, mais pour les rendre +consommables°, identifiables », accuse Claude Iverné dans une interview au journal Le Monde.

Claude Iverné, Photographies soudanaises, (1998-2012) jusqu'au 7 novembre, à la Maison des Métallos, 94 rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11ème

Premier vote féminin/Nyala/Darfour Sud 1964 © Mohamed Abdarassul/Elnour
Premier vote féminin/Nyala/Darfour Sud 1964 © Mohamed Abdarassul/Elnour

Le Soudan vu par les Soudanais

L'exposition évoque aussi l'action de l'organisation Elnour fondée par Claude Iverné. Celui-ci, au cours de ses séjours au Soudan, a rencontré des photographes pour la plupart en retraite et il a alors découvert une « production d’une qualité rare ». Une production hélas menacée : conditions de stockage, censure, contrôle de l’État...

À partir de 2000, Claude Iverné a entrepris le sauvetage méthodique de milliers de tirages et négatifs puis fondé l'organisation Elnour pour poursuivre cette tâche titanesque : nettoyer, scanner, numéroter, légender, ordonner, archiver chaque image, mais aussi de les situer dans le temps, interviewer les photographes, retracer leur parcours, etc. Les archives sont aujourd’hui rassemblées et organisées dans un bureau de documentation, qui gère déjà vingt mille clichés.





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Le billet de la semaine

​Régime

Tous au régime, répètent les journaux. Pas pour nous aider à amincir des corps trop débordants l'été venu. Là, c'est trop tard. Non, le régime, c'est la métaphore préférée des médias pour rendre légers les choix brutaux des gouvernants. Au "régime", ou à la « "diète", les collectivités locales, l'État, la Sécu. Ou bien, pour changer : L'État "réduit son train de vie", "se serre la ceinture". Etc. Trop gras, trop gros, que fondent tous ces milliards en trop ! Bien sûr, les médias pourraient titrer sur les victimes de ces régimes à répétition, les mal soignés, les mal logés. Sur les firmes privées qui font du gras sur des services jusqu'ici gratuits. Ou encore sur les immenses besoins non satisfaits. Eloignés du réel, ils soutiennent au contraire par de doux euphémismes les idéologues de l'impôt allégé et de la diète publique.

Michel Rouger

20/07/2017

Nono



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