Logement

08/01/2014

Témoignage : de la colère à l'action


Réjane, adhérente d'Histoires Ordinaires, a exprimé le 8 janvier sur Facebook sa colère contre le "17", le "18" et et le "115" qu'elle avait prévenus pour porter assistance à un monsieur de son quartier, sans domicile fixe. Elle s'est portée elle-même à son secours.


Notre vieux Monsieur que nous ne voyions plus depuis quelques temps qui fait la manche au super U, là dans un renfoncement de super U, avec une couverture qui n'en est pas une, ayant passé la nuit, exposé aux regards de tous, saignant à la lèvre et geignant.

Sean le voit et me dit maman le monsieur que l'on aime bien, là ! Que faire ? Courir, prévenir le super U. Du chaud,une boisson chaude ; quel
que chose...

Sean reste auprès du monsieur qui lui parle et Sean lui répond. Je n'entends pas. Je vais au café plus loin. Pas d'argent sur moi mais il me donne un gobelet de café gentiment en me disant que si je veux plus, je revienne. Je retrouve Sean avec l'homme. On lui donne le café. Il a du mal à avaler.

Appeler le 17. Madame a-t il bu ? Il est ivre ? Moi : je me fous qu'il ait bu. Vous feriez comment vous pour avoir chaud dans ce froid. Non madame appelez les pompiers. Le 18 : non madame appelez le 115. Rappelez plus tard.


Larmes et colère

Alors cela me monte, les larmes, la colère, la vraie. C'est une personne que l'on connait Sean et moi. C'est pas un meuble, bordel. C'est pas un feu rouge, c'est un homme (…)

Quelle solution ? je suis bien trop ignorante pour la trouver mais prête à écouter celui qui ne courra pas pour critiquer. A croire dans la justice et dans la politique pour s'élever. Mais là c'est le bordel et cela nous regarde tous même un petit garçon qui va à l'école et qui reste près d'un vieux monsieur. Aucunement héroïque.

Je rappelle le 115.  Ils passeront ce soir à 20 h. pour voir si il est toujours là,  car ils commencent à ces heures là.

Le monsieur me pose des questions. Je réponds complètement déboulonnée. Il est surpris que personne ne veuille intervenir et que l'on m'ait dit d'appeler le 115 vu les horaires.

Garder la tête sur les épaules

Chauffer de la soupe et la lui apporter. Pas le temps pour la sinistrose. Je m'aperçois qu'en faisant les choses on se calme pour donner tout son sens à l'acte, évitant ainsi les coups de pieds et poings serrés inutiles.

L'homme a bu sa soupe et je lui ai apporté une polaire. Le pharmacien a bien voulu venir voir sa lèvre. Tout cela est pour lui, pas pour moi et si peu de chose vraiment. Mais au moins c'est fait.





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Le billet de la semaine

​C’est la guerre

Tocsin. Mobilisation générale. "Nous sommes en guerre", a martelé six fois lundi soir le Président Chef des Armées. Tous aux abris ! Et bien entendu : on ne va pas, par désinvolture, filer la saloperie aux plus fragiles au risque qu’ils en meurent et d’aggraver la charge de travail des personnels soignants. Car l’ennemi pilonne durement nos services de santé inconsidérément fragilisés. Un peu comme nos bornés de généraux de 1914 avaient lancé des soldats en rouge/bleu horizon sous la mitraille allemande, nos gouvernants affaiblissent depuis des décennies nos hôpitaux. Avant que surgisse cette guerre, les héros célébrés aujourd’hui ont réclamé en vain des effectifs, des lits, des moyens suffisants. Ils se battaient depuis le 18 mars 2019, un an, impuissants comme nous tous devant la pandémie financière, dite parfois grippe américaine et en France CAC-40, qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans celle du Covid-19. Mais regardons l’horizon. "Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause", a lancé lundi le chef de l’État. Après tout, après juin 40, il y eut mars 44, le programme du Conseil national de la Résistance, les Jours Heureux, la sécurité sociale pour tous, la solidarité collective. Ok, Général. En marche.

Michel Rouger
 

17/03/2020

Nono












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