Plus de vingt millions de citoyennes et citoyens français n’ont pas utilisé, dimanche, leur droit de désigner les dirigeants de leur commune. 42, 8 %, un record historique, hormis l’atypique scrutin sous Covid de 2020. Entrevoir ainsi, peu à peu, près de la moitié du pays s’éloigner de la vie de la cité ne semble guère, pourtant, émouvoir. Dimanche soir, candidats et observateurs ont noté le problème, ont été désolés puis ils ont repris les habituels palabres sur les possibles fusions, désistements ou désunions, repris le calcul des reports de voix. En fait, cette abstention croissante dérange. Les raisons avancées sont connues : l’esprit consumériste, le recul du collectif, l’individualisme amplifié par les réseaux (a)sociaux… Mais, ce qui désespère surtout tant de gens de voter, c’est l’incapacité de la politique à améliorer leur vie et leur avenir. A réduire les inégalités, la précarité, la pauvreté dont ils souffrent. L’abstention est déjà très majoritaire chez les jeunes et tous ceux qui gagnent moins du smic, exclus d’ailleurs ensemble d’un logement en ville par trop de municipalités. Le débat électoral est fait pour ceux qui votent, plus anciens, plus aisés. Il oublie l’électorat populaire où les marchands d’illusions essaient de faire leur marché.
Michel Rouger
Michel Rouger