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Mercredi 13 Novembre 2019

Une soirée pour jouer comme entre ami(e)s


Notre reporter a testé pour vous, à sa façon bien à lui, les soirées jeux mensuelles de la Maison de quartier de Villejean. Faites vos jeux, rien ne va plus quand la roulette est (pseudo-)russe !



Agapes du soir, bonsoir !

«Chez Gilles et Teresa», ce pourrait être l’enseigne d’un café chic et pourtant bon enfant, situé au 2 rue de Bourgogne, à Villejean. Pour y accéder on monterait les marches, comme à Cannes, sur un tapis rouge et orange de feuilles mortes, sauf qu’on serait en novembre et qu’il ferait déjà noir à 20 heures. En haut de l’escalier on serait accueilli par le maître d’hôtel, Monsieur Claude. On s’inquiéterait auprès de lui de l’absence des patrons.

- Ils vous reçoivent à la cave, ce soir, répondrait-il. Descendez l’escalier à votre gauche, c’est la porte en face !

A la cave ! On rêve à un club d’œnologie ou à quelque chose du même tonneau. On va boire du millésimé, ce soir, croit-on ! Mais on se trompe. Déjà sur la porte du saint lieu il est écrit «Cave à musique» et pourtant on n’entend ici aucune mélodie en sous-sol. Va-t-on se rebiffer dans cette cave ? On pousse les deux portes consécutives et on entre… dans un tripot sélect où Gilles et Teresa, fort affables et très bien entourés déjà, vous accueillent sympathiquement.

Ils ont, si on peut dire, dressé le couvert sur plusieurs tables mais «Chez Gilles et Teresa» ce n’est pas un restaurant non plus. C’est bien une salle de jeux, sans tapis vert, sans croupiers, sans bandit manchot ! On était à côté de la plaque et on a manqué de commettre un impair. Pas question de faire sauter la banque, tous les billets sont faux ! Gilles et Teresa assurent en fait avec beaucoup d’élégance l’animation des soirées jeux mensuelles de la Maison de quartier de Villejean.

Nous serons une quinzaine de «clients» ce soir à nous répartir selon nos envies autour des plateaux de jeu : celles et ceux qui ont un appétit de baraka-baroudeurraccuda du Nil embarqueront à bord de «Pharaon» ; les amateurs d’intrigues moyenâgeuses feront le siège de l’Isle of Skye ; d’autres choisiront peut-être de grimper sur la butte pour atteindre le but de tout joueur : gagner une partie !

 


Une soirée pour jouer comme entre ami(e)s

Monte là-dessus, tu verras Montmartre !

Cela fait six ans maintenant que ce rendez-vous mensuel existe. J’étais déjà venu une fois dans le passé m’initier à «Carcassonne» un jeu méridionalo-médiéval à base de tuiles, de routes, de déroutes et d’abbayes ! Et à la Fête du jeu, en septembre dernier, j’avais assisté à une partie de chemin de fer autour des «Aventuriers du rail».

Comme il faut bien se lancer je m’installe ce soir à la table de «Montmartre», séduit par la joliesse des jolies drôlesses sur les cartes de ce jeu. Gilles nous explique le concept :

- Nous sommes des peintres concurrents. Au début du jeu nous avons quatre tableaux en mains. Il y a quatre séries : rose, bleu – comme les périodes de Picasso ! – vert et jaune. A chaque tour de jeu on peut déposer un tableau dans son atelier, c’est-à-dire, le poser devant soi. Ou deux si le total des points qu’ils portent ne dépasse pas 5. Au fil des tours, en fonction des points déposés par les autres joueurs dans chacune des quatre séries, on pourra les vendre et récupérer ainsi des cartes «propriétaire» dont les premières valent deux francs et les suivantes quatre francs puis six… Quand un peintre a gagné quinze francs, la partie s’arrête.

Le croirez-vous ? Sans avoir trop bien compris les règles de ce jeu-là, j’ai quand même gagné la première partie ! Peut-être ai-je des dispositions cachées pour caser la croûte et ramasser la petite Monet ?

 


Splendor, Backgammon, Pearls, Isle of Skye, Pillards, etc.

Vous allez me dire : on va moins loin avec quinze francs de l’époque de Toulouse-Lautrec qu’avec les frs 20.000 du Monopoly de notre enfance !

Mais chez Gilles et Teresa on est sûr au moins qu’on n’y laissera pas sa chemise ! On est là pour le plaisir du jeu, pour le petit effort intellectuel qui consiste à enregistrer les règles de fonctionnement d’un univers imaginaire, à prendre des cartes ou des figurines, à les poser, les déplacer. Ainsi en est-il dans le jeu « Splendor» où l’on ramasse des pierres précieuses qui permettent d’acheter des titres de propriété de diamants, rubis (sur l’ongle) ou onyx (soit qui mal y pense) qui permettent d’acheter des titres de noblesse. Justement je rêvais d’aristopicrate en entrant ici !

Pendant ce temps, que se passe-t-il aux tables voisines ? A droite les adeptes de Pharaon en sont encore à leur première partie. C’est vrai que c’est assez long de bâtir une chambre funéraire, de préparer son passage dans l’au-delà – personnellement je ne suis pas pressé de faire ça ! - et de peser son âme – en ai-je seulement une ? - !

A gauche il y a Monsieur Francis. C’est la deuxième fois qu’il vient initier celles et ceux qui le souhaitent au backgammon, un jeu à l’air compliqué qui fiche un peu les jetons mais qui ressemble au jeu des petits chevaux mâtiné, même en soirée, de bataille navale : il se joue avec des dés et des stratégies de blocage ou de chute sur le râble d’un jeton isolé. J’ai déjà joué à ça avec lui un mercredi après-midi dans le hall de la MQV.

 


Le plaisir de jouer

- Comment ? Il est déjà 22 h 30 alors que je n’ai joué que trois parties de deux jeux différents ?

- Ne t’inquiète pas, Joe Krapov, me confie Teresa. Ici on maîtrise les alarmes et on peut jouer de 20 heures à minuit. Tu peux même, contre un chèque de caution…

- Etre libéré de prison, comme Carlos Ghosn au Monopoly japonais ?

- … emprunter un des jeux pour jouer chez toi avec tes ami(e)s d’ «Histoires ordinaires» et nous le ramener le mois prochain. Tu peux dire aussi à tes lecteurs que cette activité jeux de société est ouverte à tous et ne nécessite financièrement que le paiement de l’adhésion à «Rencontre et culture», soit une dizaine d’euros pour l’année – mais avec des vraies pièces, cette fois ! Au fil des ans nous avons constitué un stock d’une vingtaine de jeux pour nos soirées et nous en empruntons aussi à la ludothèque, à l’étage au-dessus, pour mettre de la variété dans nos séances.


 


Et le vainqueur est …

Je peux surtout dire que j’ai passé là un très agréable moment avec des gens pacifiques, souriants, posés qui redécouvrent ensemble le plaisir de se concentrer, de prendre des risques, de s’aventurer, de se tromper, bref de jouer.

Alors finalement « Chez Gilles et Teresa», aux soirées jeux de la Maison de quartier, même si ce n’est ni un café, ni un restaurant, c’est quand même un endroit où l’on se régale de retrouver son enfance innocente, même si on simule dans certains jeux d’être un envahisseur normand ou un très Claptonien tueur de shérif !

N’hésitez pas à tenter l’expérience par vous-même ! Peut-être deviendrez-vous «addict.e» à certains de ces jeux de cartes ou de plateaux très colorés comme je le suis moi-même du jeu d’échecs où les pièces ne sont pourtant que noires et blanches !

Finalement, ici, on n’a rien à perdre à essayer de gagner ! Prochaine réunion : le vendredi 6 décembre à 20 heures. «Chez Gilles et Teresa», vous retiendrez, mes joyeux enfants ? 2, rue de Bourgogne, «dans une cave où y’a du bon vin» comme dit la chanson !

Joe Krapov





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