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Perrine et Mélisande, étudiantes engagées sur le quartier


20 Avril 2021

Perrine Benoit et Mélisande Tartrat, suivent une même formation « intervention et développement social » à l'université Rennes 2. Toutes deux s'investissent dans l'association "Si on s'alliait ?". Elles participent, en particulier, aux permanences administratives, chaque mardi matin. Les deux étudiantes en sociologie racontent.


Perrine et Chaïma, habitante du quartier, actuellement elle aussi en stage à "Si on s'alliait ?" Le jeudi 15 octobre 2020 elles assuraient, avec d'autres bénévoles,  la permanence sur la Dalle Kennedy.
Perrine et Chaïma, habitante du quartier, actuellement elle aussi en stage à "Si on s'alliait ?" Le jeudi 15 octobre 2020 elles assuraient, avec d'autres bénévoles, la permanence sur la Dalle Kennedy.
20210422_perrine_et_medisance_etudiantes_engagees.mp3 20210422 Perrine et médisance étudiantes engagées.mp3  (9.49 Mo)


Avec des parcours différents, elles sont arrivées à "Si on s'alliait ?"  pendant l'automne 2020, comme stagiaires, elles ont tout de suite plongé dans les permanences administratives. « En master 1, on nous demande de faire un stage de trois semaines, précise Perrine. Mais j'ai  envie de m'engager davantage. "Si on s'alliait ?" est un collectif d'habitants. Il fonctionne sur des principes de convivialité. Pour moi, c'est important de m'engager sur le long terme avec les gens, de prendre le temps de les rencontrer et pas juste pour ma formation ».

Mélisande a démarré par un stage : « A "Si on s'alliait ?"  j'étais direct stagiaire de novembre 2020 à fin mars 2021, dans le cadre du Master 2 : deux semaines par mois en stage, en alternance, une semaine de cours, une semaine de travaux individuels et collectifs. Le master est très axé sur la conduite de projets. »
 

Mélisande Tartrat. Alsacienne, née à Mulhouse en 1994. DUT en information communication à l'Université de Strasbourg  Licence L3 sciences de l'éducation pour travailler dans l'humanitaire. Ensuite 6 mois au Népal  Master en socio et anthropologie à Lille. En 2016, il y a eu la mobilisation contre la loi travail, avec beaucoup de réflexions sur l'actualité sociale. Son militantisme s'est affirmé.  6 mois au Pérou pour l'étude d'un mouvement social socio-environnemental contre un projet minier dans une région très agricole En 2017, elle rejoint son copain qui fait ses études à Rennes.  Mélisande étudie et travaille à Villejean, elle y a habité mais réside aujourd'hui à Cleunay.
Mélisande Tartrat. Alsacienne, née à Mulhouse en 1994. DUT en information communication à l'Université de Strasbourg Licence L3 sciences de l'éducation pour travailler dans l'humanitaire. Ensuite 6 mois au Népal Master en socio et anthropologie à Lille. En 2016, il y a eu la mobilisation contre la loi travail, avec beaucoup de réflexions sur l'actualité sociale. Son militantisme s'est affirmé. 6 mois au Pérou pour l'étude d'un mouvement social socio-environnemental contre un projet minier dans une région très agricole En 2017, elle rejoint son copain qui fait ses études à Rennes. Mélisande étudie et travaille à Villejean, elle y a habité mais réside aujourd'hui à Cleunay.
Des permanences encore plus nécessaires
 
Les permanences administratives sont la tâche principale, tous les mardis matin. En période de confinement tout est fermé (le centre social, les administrations...) : les permanences sont encore plus nécessaires.
« Avant d'aller aux permanences administratives, à chaque fois, je me dis que je vais être surprise, détaille Perrine. C'est une expérience super riche humainement mais assez stressante. Il faut gérer, réussir à se débrouiller par soi-même dans un monde compliqué sur le plan administratif. Pour moi-même, je me sens souvent assez  démunie. Mais ça me pousse et je me sens utile, quand j'arrive à dépanner quelqu'un jusqu'au bout de la démarche. On n'a pas besoin de savoir tout. C'est un peu l'univers de la débrouille et j'aime ça.

Être en face de personnes qui sont dans une attente, dans l'urgence, ça met la pression. D'abord, il faut les comprendre, ne pas déformer ce qu'elles nous racontent. Toujours garder des rapports très simples avec les gens. On parle d'humain à humain. Il faut laisser de la place à la personne. Certains se confient d'autres sont plus froid. Nous devons essayer de comprendre les situations avec très peu d'informations.
J'interpelle tout le temps les salariées, Sylvia et Claire (1). Elles connaissent mieux les démarches, elles ont plus d'informations sur la situation des gens. Elles viennent nous aider, nous rediriger. Je me suis trouvée en face de gens dans des situations compliquées : ça peut être une maman qui veut que ses enfants soient avec elle, le renouvellement d'un titre de séjour ou la facture du téléphone».
 « Pendant le stage de trois semaines en novembre, je n'avais pas de cours.  Je pouvais y être tous les jours, souligne Perrine. Maintenant j'ai repris les cours. J'y vais le mardi. Le mardi après-midi, avec toutes les personnes qui font les  permanences, nous tentons d'améliorer nos réponses, comment faire pour que chacun y trouve sa place ? Je vais, aussi, faire de la garde d'enfants ou de l'aide aux devoirs avec une femme de l'association ».

Mélisande est en CDD à Si on s'alliait ?: « En 2016, avec la mobilisation contre la loi travail, mon militantisme s'est affirmé ».
Mélisande est en CDD à Si on s'alliait ?: « En 2016, avec la mobilisation contre la loi travail, mon militantisme s'est affirmé ».
Des initiatives plus collectives.
 « Dans le prolongement des permanences, il y a, parfois, un accompagnement plus individuel, précise Mélisande. Des gens prennent rendez-vous, dans la semaine, pour un gros dossier que l'on n'a pas le temps de traiter pendant les deux heures de permanences. Pour après le confinement on imagine des initiatives plus collectives. Par exemple, nous préparons un moment de détente, pour se retrouver, passer du temps ensemble. Un après-midi danse... Un repas préparé tous ensemble.
Autre  projet : faire un groupe sur la recherche d'emploi, une demande qui revient  régulièrement. On aimerait aussi créer un atelier numérique, en auto formation... pour acquérir des notions de base : allumer un ordinateur, envoyer un mail, aller sur le site de la CAF (caisse d'allocation familiale), de la Sécu . Il s'agit d'abord de créer un premier groupe.

Du concret, sur le terrain
 
Mélisande explique pourquoi elle aimerait être embauchée par "Si on s'alliait ?" après son CDD actuel.
« J'aimerais continuer à "Si on s'alliait ?" Ici, il n'y a pas de projet où tout est déjà décidé à l'avance.  Ce sont les habitants  qui font ce qu'ils souhaitent. On accompagne les initiatives collectives, mais, au départ, on ne connaît pas le résultat, même si concrètement on a des idées. Par exemple, les cours de français, c'est une demande qui revient souvent. « Vous êtes plusieurs à avoir la même demande : comment on se retrouve ? Comment on solutionne ça ? Quelle est la manière la plus adaptée ? Ce n'est pas d'amener la solution ! ». Mélisande poursuit : dans le master on insiste sur la posture professionnelle. Ici on essaie de toujours penser en collectif.  C'est une association politique, avec du concret sur le terrain..
J'aimerais travailler dans une association qui a des valeurs similaires, militantes...  Une association qui fasse de la participation. Mon projet : continuer dans l'associatif, à Rennes, et dans l'idéal ici. Depuis début avril jusqu'à fin août, je suis en CDD à temps plein, en remplacement de Claire, en congé de maternité. Les horaires sont souples selon les besoins : on doit être là pour les habitants. Je reste étudiante : j'ai une semaine de cours par mois, en présentiel,  jusqu'en juin ».

Perrine Benoit. Née en 1996 à Poissy (Yvelines).  Après le bac (scientifique). Bafa pour « faire de l'animation et travailler avec les enfants »,  A Grenoble en sciences de l'éducation dans une colocation à projets solidaires en résidence universitaire.  DUT Carrières sociales animation socio -culturelle. A Rennes pour se rapprocher de ses parents. Elle habite en centre ville en colocation. Une année de pause (septembre 2019 à août 2020…). Elle ne trouve pas de travail. Je suis allée dans les écoles pour les temps périscolaires les cantines, animation.  fait des colonies d'hiver et j'ai travaillé dans la restauration.
Perrine Benoit. Née en 1996 à Poissy (Yvelines). Après le bac (scientifique). Bafa pour « faire de l'animation et travailler avec les enfants », A Grenoble en sciences de l'éducation dans une colocation à projets solidaires en résidence universitaire. DUT Carrières sociales animation socio -culturelle. A Rennes pour se rapprocher de ses parents. Elle habite en centre ville en colocation. Une année de pause (septembre 2019 à août 2020…). Elle ne trouve pas de travail. Je suis allée dans les écoles pour les temps périscolaires les cantines, animation. fait des colonies d'hiver et j'ai travaillé dans la restauration.
La reconnaissance sociale
 
Pour leur formation, Mélisande et Perrine préparent chacune un mémoire sur "Si on s'alliait ?"

  « Comment cette association adapte les principes de l'organisation communautaire : la reconnaissance et la confiance en soi. raconte Mélisande. Si on s 'alliait ? favorise la reconnaissance sociale basée sur l'emploi, la reconnaissance juridique et les liens affectifs. » En ce mois d'avril Perrine rédige son mémoire : « A "Si on s'alliait ?", comment  se créent des cadres où les gens peuvent se rassembler, et faire des choses ensemble ».

A part les études et le travail, Mélisande aime bien le bricolage et notamment la menuiserie, faire des meubles, tout les travaux manuels. « Mon père est animateur menuisier. Il apprenait les maths à des enfants en décrochage scolaire, à travers la menuiserie. J'aime bien aussi les jeux de société, les jeux vidéo avec des scénarios et des énigmes à résoudre. » Comme loisirs, Perrine préfère les activités solitaires : dessin, couture, skate... « J'ai plusieurs passe-temps qui me passionnent un moment, que je lâche et que je reprends »
 
Des influences familiales
 
Elles ne sont pas arrivées par hasard dans l'association. Au cours de leur formation, Sylvia l'une des animatrices a présenté "Si on s'alliait ?"  A la question sur leurs motivations, elles évoquent plusieurs influences dont leur milieu familial  :

« Ça doit être  mes parents engagés eux mêmes, note Perrine. Ma mère est institutrice. Ils sont engagés dans des associations de transition écologique. Ma tante, est éducatrice spécialisée : elle m'a toujours parlé de son travail et d'animation socio-culturelle. Ce ne sera peut-être pas le travail  social, mais en tous cas je m'oriente vers l'engagement dans la vie associative. »

« Les chiens ne font pas des chats, plaisante Mélisande. Mes parents sont travailleurs sociaux. Ma mère fait partie du mouvement féministe.  Avant la loi travail, j'allais aux manifs pour rigoler avec les copains. Là, je me suis découverte politiquement. »

Jean-François Bourblanc

(1) Sylvia Thénard et Claire Saint-Sernin, animatrices salariées de l'association.

Si on s'alliait ?
L'association « Si on s'alliait ? » soutient les habitants du quartier, les aide à s'organiser,  à s'exprimer en public ou à animer une réunion et les aide à rencontrer les décideurs.  Parmi les autres actions sur le quartier de Villejean, l'opposition à la fermeture de l'antenne CPAM du quartier, les actions auprès des bailleurs sociaux pour remédier aux problèmes d'humidité dans les appartements, le maintien du collège Rosa Parks sur deux sites..
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L'association assure chaque mardi matin une permanence pour aider les habitants à remplir leurs papiers administratifs. Permanence les mardi de 10h à 12h30,  sur la Dalle. Contact : 06 74 08 56 53



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