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Le choix d'Abdel, devenir imprimeur


7 Janvier 2021

Abdel Ait Chikh alterne formation à Nantes et travail en entreprise à Saint Brieuc. Après quelques hésitations, et grâce notamment au parrainage, il a choisi de devenir imprimeur.


Abdel Ait Chikh estime la Dalle plus conviviale aujourd'hui en comparaison d'années antérieures.
Abdel Ait Chikh estime la Dalle plus conviviale aujourd'hui en comparaison d'années antérieures.
voix_005_le_choix_d__abdel.mp3 Voix 005 Le choix d'Abdel.mp3  (11.21 Mo)


Abdel suit une formation d'imprimeur en alternance. Il navigue entre Rennes où il habite, Nantes deux semaines  par mois et  deux autres semaines à Saint Brieuc. A Nantes,  il suit une formation  à Grafipolis, en première année de BTS « Étude de Réalisation d’un Projet de Communication » (ERPC). « On a des matières générales pour 50% du temps : français, anglais, maths, physique... ». L'autre mi-temps ce sont des matières propres au domaine de l'imprimerie. « Graphistes et imprimeurs suivent, en partie, les mêmes cours, précise Abdel, mais avec aussi des cours théoriques et pratiques propres à nos domaines respectifs ». Cette formation doit lui permettre de « concevoir des projets de communication, analyser et mettre en œuvre les commandes client. ». Dans une promotion de 27 personnes, beaucoup sont en réorientation professionnelle, d'autres suivent un cursus classique.

Au sein de l'imprimerie, Abdel assure différentes tâches : l'impression, le façonnage, la découpe (sur la photo), la pose...
Au sein de l'imprimerie, Abdel assure différentes tâches : l'impression, le façonnage, la découpe (sur la photo), la pose...
Un métier très varié

Chez Edito 22, à Saint Brieuc, Abdel réalise des impressions très variées, sur des presses numériques : du petit au grand format, de la carte de visite à l'affiche 4x3 ou la bâche. Il assure différentes tâches :  l'impression, le façonnage, la découpe, la pose... « C'est un métier varié ». Au sein d'une équipe d'une dizaine de personnes il se sent bien accompagné, en confiance,  avec une bonne ambiance de travail. Abdel apprécie l'alternance : « J’apprends vraiment le métier. C'est plus que positif. »

Chaque semaine, il va à Saint Brieuc ou à Nantes. Il loge sur place et revient à Rennes les week-end. L'été dernier, après le travail, il allait se balader en bord de mer près de Saint Brieuc. En ce mois de décembre, il fait nuit très tôt et surtout il y a  le couvre feu. « A Nantes, après les cours, j'essaie de sortir le moins possible et de replonger dans les cours. »

La formation en alternance est financée par l'entreprise et des fonds de formation. Pour l'étudiant c'est gratuit. Il touche un salaire comme travailleur apprenti. « On est payé pour aller en cours. La formation est considérée comme temps de travail » précise Abdel. Le salaire de chacun est calculé par rapport à l'âge, au type de formation.

Le parrainage, un binôme
 
Lors d'une conférence sur la recherche d'emploi , en juin 2019 au  Centre Culturel Avicenne, il entend Luzia Poulain (1) parler du parrainage mis en œuvre par l'association Proxité. «Comme j'avais le projet de retourner en alternance,  je lui ai donné mes coordonnées » Luzia le contacte peu après pour lui proposer un parrainage. Luzia Poulain cherche alors à composer un binôme entre un parrain et l'étudiant en tenant compte des compétences et des sensibilités de chacun. Luzia Poulain met Abdel en contact avec Anne Burgot. Dans son métier, elle accompagne aussi des personnes en recherche d'emploi, mais ici elle intervient comme bénévole. « Début septembre on s'est rencontrés. Le feeling est passé directement » souligne Abdel. Anne Burgot raconte : « On a d'abord échangé sur son parcours, ses attentes, ses envies. Il était intéressé par le secteur du design graphique, mais n'avait pas nécessairement la visibilité sur les formations. Il ne savait pas non plus s'il devait retourner sur un parcours en formation initiale ou en alternance. »

Leurs échanges permettent de définir que l'alternance est la meilleure solution malgré la difficulté de retourner sur les bancs de l'école après une période de travail  : « Il était déjà  dans la voie professionnelle et c'est plus simple pour une reprise d'études ». Il fallait ensuite choisir un métier dans toute la gamme du design, trouver un lieu de formation en Bretagne ou dans un département proche pour des facilités de déplacement. Abdel Ait Chikh est actif dans sa recherche de formation, il va aux journées portes ouvertes... Il contacte ensuite les entreprises.  « Pour trouver l'entreprise on a travaillé le CV, la lettre de motivations et la posture à adopter pour les entretiens », note Anne.

Anne Burgot a accompagné Abdel pour faire ses choix de formation et d'entreprise.
Anne Burgot a accompagné Abdel pour faire ses choix de formation et d'entreprise.
« On a gardé le contact »
 
D'octobre 2019 à août 2020, sa marraine va l'accompagner.  dans la réalisation du projet, la définition d'objectifs, la recherche d'une entreprise pour l'alternance. « Elle connaît très bien les outils numériques et m'a appris à embellir mon profil. J'avais déjà mon projet en tête, il fallait le formaliser. J'avais aussi besoin d'aide dans les démarches ». Aujourd'hui, l'accompagnement est officiellement fini mais, avec Anne, « on a gardé le contact » note Abdel. Et elle peut toujours lui apporter une aide ponctuelle. Abdel est très à l'aise dans sa manière de parler. Il dégage une confiance. « Au cours de la recherche de formation et de l'entreprise, il hésitait entre plusieurs envies. Je l'ai accompagné pour prioriser les actions, pour faire ses choix et prendre ses décisions » ajoute Anne Burgot.

Sans l'aide de Proxité, Anne et Luzia,  Abdel estime qu'il aurait des difficultés à trouver sa formation. « Elles m'ont permis de combler des lacunes sur le CV ou les lettres de motivation. C'est une réelle aubaine de tomber sur elles . Beaucoup d'entreprises se sont braquées à cause du Covid. Sans sécurité sur les salariés permanents, ils ne pouvaient se permettre de prendre un salarié en alternance. Edito 22 ça a été une belle opportunité ». Anne Burgot précise : «  Le travail de Luzia est essentiel pour bien choisir le binôme du jeune en formation professionnelle et de son accompagnante .»

L'action de Proxité n'est pas terminée. Luzia Poulain explique : « On n'a pas encore fait le bilan : c'est un temps à trois. Chacun va pouvoir dire ce que le parrainage lui a apporté et ce qu'il ou elle souhaite pour la suite. Ce  sera en visio, ce mois-ci (janvier 2021). On va leur proposer de faire partie de la communauté des anciens. Anne pourrait continuer le parrainage avec un autre jeune. Et Abdel s'il le souhaite peut aussi devenir parrain pour un autre jeune. ». Proxité est une association nationale qui propose à des jeunes, à partir de le 6e et  majoritairement des quartiers prioritaires, d'être accompagnés par un parrain ou une marraine bénévole issu·e du monde du travail.

Un gars de Villejean

Avec ses parents, Abdel a toujours habité Villejean, d'abord rue d'Armagnac puis dans le secteur des résidences universitaires de Rennes 2. Il apprécie la Dalle qu'il estime « plus conviviale aujourd'hui, avec beaucoup de monde » comparée à quelques années antérieures. A 23 ans Abdel est l’aîné, sa sœur Yasmine (18 ans) est étudiante en biologie . Après l'école primaire à Jean Bosco, il va au collège à Malifeu, puis Montbarrot (aujourd'hui Rosa Parks), avant de rejoindre le lycée Coëtlogon pour préparer un Brevet Professionnel puis un bac pro imprimerie.

Il a voulu ensuite « voir autre chose et acquérir une autre expérience professionnelle, avec quand même une préférence pour l'imprimerie». Il a découvert l'imprimerie peu à peu, « Je n'en rêvais pas tout petit.  Après mon bac pro, je voulais faire un BTS en informatique. Ça ne s'est pas concrétisé. J'ai ensuite travaillé dans différents domaines : de l'animation au Cercle Paul Bert après un Bafa, avec des petits à Bréquigny. J'ai aussi travaillé dans un cabinet de géomètre, comme dessinateur 3D. Après un travail à PSA, j'ai fait de la pose de compteurs Linky. Avoir travaillé ainsi dans différents domaines, j'ai su dans quel type de métier me positionner. »

Abdel aimerait « poursuivre son métier chez Edito 22.  Le but de l'alternance c'est d'apprendre le métier en direct puis de travailler dans cette entreprise qui a misé sur nous.»

Jean-François Bourblanc

(1) Pour en savoir plus sur l'activité de Proxité à Rennes voir la rencontre avec Luzia Poulain sur Histoires ordinaires.
 



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