Différences

Un face à face à Vannes entre les personnes handicapées et les tutelles


19/05/2014

Les délégations Nous Aussi d’Auray et de Vannes ont organisé avec l’Adapei du Morbihan un colloque à Vannes le 15 mai 2014 sur l’avancée en âge des personnes handicapées intellectuelles.




« Ensemble, confie le directeur général, Yann Zenatti, nous avons souhaité porter ce débat sur la place publique, de manière très argumentée, pour faire en sorte que les personnes handicapées intellectuelles, les premières concernées, puissent s’exprimer sur ce sujet, faire part de leurs attentes quand elles sont confrontées à des situations de changement dans leur vie : arrivée à l’âge de la retraite ou perte d’autonomie liée à des problèmes de santé.»

« Le vieillissement des personnes handicapées est une vraie problématique posée à notre société, poursuit Marie-Françoise Le Gallo, présidente de l’Adapei du Morbihan. Les grandes associations tirent le signal d’alarme depuis une dizaine d’années mais le sujet reste en jachère… Nous avons voulu cette fois, donner priorité à l’expression et à la parole des personnes en situation de handicap. Les demandes sont portées par les personnes elles-mêmes. C’est par ce prisme que nous souhaitons attirer l’attention des pouvoirs publics et imaginer ensemble, les meilleures solutions à construire.»

Nous voulons être heureux à la retraite !

Au cours de ce face à face direct entre les personnes handicapées elles-mêmes, et les pouvoirs publics, représentants du Département et de l’Etat, chargés de mettre en place des politiques publiques et des réponses à ces préoccupations, les personnes handicapées intellectuelles de Nous Aussi ont exprimé leurs attentes :
 
• Nous voulons être informés et bien préparer notre retraite. Nous avons besoin d’aide. Nous voulons des informations accessibles sur nos droits. Nous voulons des informations sur nos ressources et sur les aides. Nous voulons que nos choix soient respectés. 
 
• Nous voulons prendre notre retraite et bien vivre. Concernant nos ressources, le minimum vieillesse (791,99 € par mois pour une personne seule) est trop bas, ça ne suffit pas pour vivre. Parfois le vieillissement se fait sentir avant la retraite. Nous voulons pouvoir travailler moins. Nous voulons choisir comment travailler. A temps plein, si on est en forme. A   mi-temps, si on ne se sent pas trop en forme. On peut aussi changer d’atelier, ou être en UATP (unité d’accueil à temps partiel). Il ne faut pas oublier ceux qui n’ont jamais pu travailler, qui ont plus de mal à s’exprimer.
 
• Vivre où nous voulons. Quand nous serons à la retraite, quand nous vieillirons, nous voulons vivre où nous voulons.  Nous voulons rester proches de nos familles et de nos amis. Nous voulons continuer à vivre dans notre domicile ou dans notre quartier. Si nous vivons de façon autonome, nous voulons que cela dure le plus longtemps possible, avec l’accompagnement de services. Si nous ne voulons pas rester chez nous, nous voulons des solutions, qui nous évitent d’être seuls. Nous voulons rester autonomes. Il faut des solutions pour chacun.
 
• Nous voulons rester en bonne santé. Nous voulons rester en bonne santé le plus longtemps possible, pouvoir continuer à vivre comme maintenant. Il faut aussi nous accompagner pour nous aider à rester en bonne santé. Nous avons aussi besoin, comme tout le monde, d’une bonne hygiène de vie.
 
• Nous voulons profiter de notre retraite. Nous voulons profiter de la retraite pour faire plein de choses. Par exemple, certaines personnes font du bénévolat. A la retraite aussi c’est important de voir nos capacités. Nous voulons garder le contact avec nos amis. Nous voulons continuer à faire des sorties, des activités. 
Si nous avons dû mal à trouver une activité, il faut nous aider.
 
• Nous voulons être heureux à  la retraite.

                           
                                À Plumelec (Morbihan), Chantal Le Galliotte et Gérard Guillouët témoignent

                                         
                                               « Vivre chez nous, ensemble, le plus longtemps possible »

Au cours de ce colloque, organisé par Nous Aussi et l’Adapei-Papillons Blancs du Morbihan le 15 mai 2014 à Vannes sur l’avancée en âge des personnes handicapées intellectuelles, quatre petits films ont été réalisés pour présenter des situations vécues par des personnes handicapées intellectuelles et les problèmes qui se posent lors de l’avancée en âge. 
 
Chantal Le Galliotte et Gérard Guillouët témoignent. Tous deux travaillent à l’Esat (établissement et service d’aide par le travail) Les Bruyères à Plumelec (Morbihan). Ils vivent en autonomie dans leur appartement, situé dans le bourg, à quelques centaines de mètres du lieu de travail. De temps à autre, un éducateur de l’unité de vie extérieure (UVE) les accompagne dans leur quotidien. Mais l’âge de la retraite approche et la fin de la prise en charge… Leur souhait est pourtant de continuer à vivre tous les deux ensemble, dans leur appartement… le plus longtemps possible. 
 
Réalisation Les Eclaireurs pour l’Adapei du Morbihan – images : Guénolé Diguet ; prise de son : Jean-François Briand ; interview : Tugdual Ruellan ; réalisation-montage : Manon Faillenet et Guénolé Diguet). Durée : 4 mn 12.





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​Peste moderne

Pas de pesticide pour elle. Apparue en Occident par un mélange de productivisme et d'argent fou, devenue rapidement un fléau planétaire, la pac, la peste agrochimique, est d'autant plus redoutable qu'elle a, avant d'empoisonner les agriculteurs et ouvriers qui la côtoient ou contaminer la chaîne alimentaire de la terre à l'assiette, infecté gravement les esprits. Pour les paysans qu'elle a sortis de la misère il y a un demi-siècle, elle reste une croyance exploitée sans vergogne par des prêcheurs mercantiles qui les poussent à surproduire avec l'appui de la FNSEA, cet étrange syndicat qui détruit ses propres adhérents, et celui de l'Union européenne qui s'est toujours couchée jusqu'ici devant le monstre Bayer-Monsanto et autres  empoisonneurs. Contre la peste agrochimique et les multiples maux des industries cyniques, un seul traitement : une double dose massive de mouvement citoyen et de courage politique. Il en existe des stocks inemployés.

Michel Rouger

19/10/2017

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