Inter-générations

Passionnée par le bien-vivre ensemble


08/09/2011

Ancienne caserne, la résidence Simone de Beauvoir abrite à Rennes une mini-société cultivant convivialité et solidarité entre générations. Le concept a été étudié par une ancienne infirmière, Béatrice Chancereul, qui a mis au point la maison Helena.




Passionnée par le  bien-vivre ensemble
Il n'y a pas si longtemps, c'était un endroit un peu sinistre où les occupants évoluaient au son du clairon. Un œil attentif peut encore deviner la façade rigoureuse des anciens bâtiments militaires. Il reste quelques vestiges du mur d'enceinte qui ceinturait un ensemble de plus de deux hectares. La caserne Mac Mahon s'est radicalement transformée. Elle a pris des couleurs, tandis que l'ancienne place d'armes, largement fleurie, se donne une vocation de lieu d'échanges. Ce lieu clos a été troué de part en part, s'ouvrant sur la ville avec plusieurs passages sous porches. 

Comment réhabiliter une ancienne caserne à deux pas du centre-ville, construire des logements agréables, des équipements collectifs, et favoriser le bien-vivre ensemble?  Quand la Ville de Rennes a lancé l'opération au début des années 2000, elle s'est attachée à embellir le patrimoine tout en favorisant la mixité des générations et des résidents. Les travaux ont démarré en 2007. Deux ans après la livraison des premiers logements, la résidence Simone de Beauvoir, nouvelle appellation de la caserne Mac Mahon, se visite comme un modèle à suivre. Martine Aubry lui a réservé un déplacement en tant que candidate aux primaires du PS. Elle a été précédée quelques semaines plus tôt de la ministre Roselyne Bachelot. 

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Une charte à signer par les habitants

A la résidence, tout le monde connaît Béatrice Chancereul, une femme toujours souriante. Née en Corse et élevée à Béziers, elle est dotée d'un accent chantant qui va si bien à sa mission. En tant que coordinatrice, elle est chargée de faire vivre la charte mise en oeuvre par Espacil Habitat, le gestionnaire des logements. Quel que soit son statut, chaque habitant est informé dès son arrivée qu'il entre dans une sorte de laboratoire où s'invente une nouvelle forme de vie sociale.

Par exemple, tout locataire est informé à la signature du bail du fonctionnement spécifique de la résidence, basé sur la convivialité. « Les gens ont appris à se rendre de petits services. L'un arrose les fleurs de l'autre en cas d'absence. C'est encore une aide à remplir un dossier ou un accompagnement en ville. » Les transferts de savoir-faire sont encore peu développés, mais ça vient. « Une résidente botaniste a organisé une sortie un dimanche. »

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Le restaurant Fourchette et compagnie, espace de rencontre

Pour rencontrer Béatrice, le plus simple est de pousser la porte du restaurant - salon de thé Fourchette et Compagnie, sorte d'espace associatif géré par l'association Argo. On s'y rend pour prendre un verre, déguster un plat, ou encore jouer aux cartes avec des amis. La salle accueille des concerts, des conférences, des thés dansants mais aussi des animations, comme des conversations en langue étrangère animées par un résident. A la rentrée de septembre 2011, la plage d'ouverture du restaurant va s'étendre de 9 h 30 à 18 h. 
 
Béatrice veille comme une mère sur son petit monde. Associée depuis l'origine à la mise en oeuvre du projet, elle est la mieux placée pour mettre du lien entre tous. La palette des âges est complète dans ce village: personnes âgées, jeunes couples, étudiants en formation médico-sociale s'y côtoient.  L'ensemble immobilier comprend en outre huit logements réservés à l'association Espoir 35, au bénéfice de personnes atteintes de troubles psychiques. Outre le restaurant, Argo gère l'accueil de jour Kérélys, destinée à des personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer. 

Gévezé va réaliser une maison Helena

A la résidence rennaise, Béatrice met ses idées en pratique. Cette ancienne infirmière à domicile installée près de Rennes a changé de cap en pensant à ses parents, restés à Béziers. « En 2006, avec un groupe d'amis, j'ai fondé l'association Helena pour réfléchir à la meilleure façon d'aborder l'allongement de la durée de vie. » Le concept d'habitat porté par Helena s'appuie en premier lieu sur l'environnement et le lien social. « Il faut garder les personnes âgées au coeur de la cité. »

Aux environs de Rennes, des maires sont séduits. Ainsi la commune de Gévezé (4 300 habitants) va confier à Espacil le  soin de réaliser une maison Helena, faite de 24 appartements adaptés au vieillissement. A la ville comme à la campagne, les projets se rejoignent : offrir un habitat favorisant la convivialité et la solidarité pour continuer à bien vivre au fil des années. 
 
Alain Thomas






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​Peste moderne

Pas de pesticide pour elle. Apparue en Occident par un mélange de productivisme et d'argent fou, devenue rapidement un fléau planétaire, la pac, la peste agrochimique, est d'autant plus redoutable qu'elle a, avant d'empoisonner les agriculteurs et ouvriers qui la côtoient ou contaminer la chaîne alimentaire de la terre à l'assiette, infecté gravement les esprits. Pour les paysans qu'elle a sortis de la misère il y a un demi-siècle, elle reste une croyance exploitée sans vergogne par des prêcheurs mercantiles qui les poussent à surproduire avec l'appui de la FNSEA, cet étrange syndicat qui détruit ses propres adhérents, et celui de l'Union européenne qui s'est toujours couchée jusqu'ici devant le monstre Bayer-Monsanto et autres  empoisonneurs. Contre la peste agrochimique et les multiples maux des industries cyniques, un seul traitement : une double dose massive de mouvement citoyen et de courage politique. Il en existe des stocks inemployés.

Michel Rouger

19/10/2017

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