Inter-générations

Sœur Marie-Aimée, 89 ans, reporter


07/04/2011

Marie-Aimée est religieuse et coule des jours paisibles dans une maison de retraite. Mais pas question de se laisser abattre! Elle est la première à proposer des sujets pour "Planète seniors", une émission sur la télé locale.




Toujours volontaire pour partir...
Toujours volontaire pour partir...
"Planète seniors", c'est le titre d'une émission de TV Rennes. Le concept est né il y a une dizaine d'années dans deux maisons de retraite, Saint-Cyr et Le Gast. «On a réalisé notre premier magazine en 2001, raconte Yannick Marquet, animateur à la Maison Saint-Cyr. L'idée était de confier un sujet d'enquête à des retraités. On a mis trois mois à le monter, mais c'était une réussite. Depuis, d'autres maisons de retraite nous ont rejoints.»

Depuis que TV Rennes a mis un journaliste, Jérôme, aux côtés des apprentis reporters, les sujets défilent à bonne allure. Un comité de rédaction se retouve chaque mois pour visionner d'un œil critique les dernières sorties et préparer d'autres reportages en Ille-et-Vilaine. 

La religieuse de la Maison Saint-Cyr, Marie-Aimée Bonnet, apprécie de jouer au journaliste, un métier qu'elle découvre évidemment sur le tard. A "Planète seniors", elle est toujours volontaire pour prendre le micro et poser les bonnes questions sous l'œil de la caméra. En février, avec d'autres résidants de plusieurs maisons de retraite, elle s'est retrouvée dans une école primaire du Verger.
 

Les reportages? Une école, un artisan, un artiste...

C'est une école d'un type nouveau, où les élèves sont dotés d'un ordinateur. Fini le tableau noir ! Xavier, le maître, fait cours sur un écran interactif relié à un vidéo projecteur et un ordinateur. La bonne formule pour faire cours de façon ludique et capter l'attention des élèves. Les enfants n'étaient pas peu fiers de montrer aux anciens comment ils se servent d'un clavier et d'une souris. 

Les six maisons de retraite vont fêter cette année leurs dix ans de mise en réseau au sein de "Planète seniors". Grâce à cette fenêtre ouverte sur le monde, les anciens ont le sentiment de ne pas être tenus à l'écart. Un jour, ils visitent une école, un autre ils sont reçus chez un artisan ou dans un café de pays. A côté d'un reportage sur la marquetterie, il y a de la place pour une rencontre avec un écrivain ou un artiste. 

Sœur Marie-Aimée et le champion de billard

La curiosité toujours en éveil, Marie-Aimée Bonnet aurait de quoi remplir un album depuis ses premiers reportages. «J'aime varier les sujets, avec des choses anciennes et nouvelles. J'ai enquêté sur les petits trains, les lits clos d'autrefois, l'ancienne usine à gaz, mais aussi sur un poulailler de Vern-sur-Seiche. Parmi les rencontres qui m'ont marquée, je citerai un ancien de la guerre d'Espagne.» Au programme de printemps, il y a un entretien avec un ancien champion de France de billard et une visite au club de palets de La Guerche.  

Originaire de Dieppe, Marie-Aimée Bonnet est entrée dans les ordres en 1944. Durant une carrière de travailleuse familiale et d'infirmière, elle a été appelée à servir dans plusieurs villes de France. Après Brest, elle s'est définitivement ancrée à Rennes auprès d'autres retraitées religieuses. 

Reportage-rencontre entre scolaires et anciens
Reportage-rencontre entre scolaires et anciens

Sur Internet

Pour elle, la principale difficulté dans une maison de retraite est de voir les autres s'affaiblir. «Telle dame qui était très gaie parle de moins en moins et s'isole. On n'entend plus rire tel monsieur. La vérité, c'est que les gens rentrent de plus en plus tard en maison.» 

Depuis son arrivée il y a dix ans, la religieuse n'a rien perdu de sa vitalité ni de sa curiosité intellectuelle. Elle a repris le piano et a appris la peinture. Pour la première fois de sa vie, elle a exposé des tableaux dans le cloître de l'établissement. 

Marie-Aimée Bonnet a aussi fait ses classes sur internet, avec l'aide de Marc, un bénévole de la Maison Saint-Cyr. Ils sont ainsi plus d'une quarantaine à donner de leur temps pour que la vie des résidants soit plus agréable. Ancien de France Telecom, Marc consacre deux jours par semaine à initier les anciens aux nouvelles technologies.

Tout comme Christiane, ancienne agent d'accueil dans un lycée, qui partage ses heures entre le chant choral et la lecture du journal. Certains bénévoles interviennent depuis si longtemps qu'ils font partie des murs, aux côtés du personnel. «J'ai commencé il y a 13 ans»,  raconte Yolande, qui s'est portée volontaire quand ses enfants ont quitté la maison. 
 

Des liens très forts avec les bénévoles

Avec sa copine Marie-Jo, elle participe à l'aide aux repas et lit des nouvelles à la bibliothèque. Les deux femmes ont d'autres tâches, comme d'accompagner les personnes à l'hôpital ou chez le médecin. Elles n'attendent aucun retour sinon la satisfaction de donner un sens à leur vie. «Des liens très forts s'établissent avec les personnes âgées. Certaines vivent dans la plus complète solitude. On devient leurs confidentes. Notre travail, ce n'est pas une contrainte. Elles m'apportent énormément. Quand je suis plusieurs jours sans les voir, elles me manquent»,  témoigne Marie-Jo.  

Les bénévoles d'une maison de retraite, tels Marc, Marie-Jo, Yolande, Christiane, voilà un beau sujet de reportage pour Soeur Marie-Aimée et un prochain "Planète seniors".

Alain THOMAS.


Tags : Bretagne



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Le billet de la semaine

Notre Dame de France

Etouffant le ramdam, le Président a remballé le statut de Première Dame promis à sa mariée lors de sa chevauchée printanière vers le pouvoir. Brigitte (qui n'a d'ailleurs jamais prétendu au rôle d'un Philip d'Edimbourg, le grand consort anglais) va seulement voir sa Maison étoffée, plus de gens, un super standard peut-être. Pour un emploi familial, tapez 1. Un voisin bruyant, tapez 2. Un chat perdu, tapez 3. Etc. Mais pourquoi donc une Première Dame ? En Allemagne, l'époux d'Angela Merkel cultive un anonymat farouche : le rôle, il est vrai, n'est pas fait pour les hommes. Concrètement, la République n'a-t-elle pas ses médiateurs, ses serviteurs ? Pourquoi les Français, pour réveiller une administration parfois ensommeillée, devraient-ils compter sur l'oreiller de la Moitié ? En fait, il y a là, bien sûr, plus qu'un service rendu. Un symbole. Celui d'un peuple de sujets plus que de citoyens.

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