Citoyenneté / Libertés

Yannick part au Népal avec les Brigades de Paix Internationales


07/06/2011

Un jour, il y a trois ans, en cherchant à s'impliquer davantage au niveau international, Yannick Creoss tombe par hasard sur le site de Peace Brigades International. C’est le début d’un lent cheminement. Il part ces jours-ci, pour dix mois, au Népal.




Manifestation de Tibétains népalais (tboothhk cc)
Manifestation de Tibétains népalais (tboothhk cc)
Il a 29 ans, un master de sociologie appliquée à l’intervention sociale en poche et une expérience de travail dans les secteurs de l’insertion. Le bénévolat, il connaît : volontaire depuis l’âge de 18 ans sur des chantiers de jeunes, il a donné un an de son temps à l’association Unis Cité. « C’est très libérant. Tu reçois parce que tu apportes un plus. Tu t’enrichis de ce plaisir simple de l’échange, de la création avec l’autre. » 
 
Salarié aussi dans une fédération impliquée dans l’insertion des publics en difficultés, il expérimente les méandres compliqués de la négociation avec les pouvoirs publics et les politiques. Il partage son temps entre travail et bénévolat qui donne du sens à sa vie. 
 
Alors qu’est-ce qui le pousse, petit à petit, au cours de ces années, à chercher autre chose que ce cadre sécurisant ? « J’avais besoin de quelque chose qui surprenne. Je voulais voir différemment le monde dans lequel je vis, le saisir d’une place différente. » Il s’interroge, lorsqu’il découvre le site de PBI. 

Yannick part au Népal avec les Brigades de Paix Internationales

Les Brigades de Paix Internationales

La section française, créée à la fin des années 80 par des militants pacifistes, réunit environ 200 adhérents, de tous âges et de tous horizons. Ce qui les rassemble : la conviction que la non-violence active, en tant qu’outil de règlement des conflits, peut faire avancer la paix et le respect des Droits Humains.

L’organisation répond aux demandes des organismes ou groupes locaux qui luttent, par des moyens non-violents, pour les Droits Humains, le changement social et le développement d’une société civile dans les régions où sévissent oppression et conflits.
 
Les équipes internationales de volontaires de PBI accompagnent les personnes ou les communautés menacées, ils s’interposent de façon non-violente et ont une présence physique dissuasive, ils accompagnent des actions de médiation et de reconstruction des liens sociaux et ils soutiennent les initiatives des associations locales agissant pour la démocratie.
 

Yannick part au Népal avec les Brigades de Paix Internationales

Six mois de « test » dans un bidonville du Vietnam

Expérimentées depuis plus de vingt ans, les missions civiles de paix sont un recours possible quand la diplomatie et l’action militaire se révèlent inopérantes. Les civils, non armés, dans une position de non ingérence, font baisser les tensions et ouvrent un espace aux acteurs de la société civile engagés dans la recherche d’une solution politique au conflit dans lequel ils sont directement impliqués.
 
PBI France est actuellement présente en Colombie, au Guatemala, au Mexique et au Népal. « PBI est un outil cohérent de A à Z, dit Yannick, les modalités de travail sont en accord avec les idées que tu défends. Ces idées-là me font marcher. » Sa motivation ?  « Être actif dans la marche du monde, dans la marche de l’Histoire. » « Je peux agir sur le monde avec d'autres et avec moi-même, dit-il aussi, c'est le principe même de la Vie.  »

Mais il est pragmatique. Avant de déposer un dossier, il veut se tester et part pour six mois à Hanoi au Vietnam. Il travaille bénévolement dans une école informelle pour les gamins d’un bidonville. Là il se questionne beaucoup sur lui-même, sur ses capacités et ses limites. Beaucoup aussi sur les Droits Humains. 
 

Direction Katmandou

De retour en France, il discute longuement avec des gens expérimentés qui ont travaillé dans les équipes de Paix dans les Balkans. Il lit beaucoup sur l’histoire, la culture, la politique au Népal, pays qu’il a choisi comme destination. Sa détermination s’approfondit :  « Tu as une porte à ouvrir, tu dois le faire. » Il se décide alors à présenter sa candidature.
 
Accepté, il rejoint le stage PBI. Ils sont quatorze à vouloir partir pour le Népal. Onze sont retenus. Yannick en fait partie. Il  prépare son paquetage pour ce mois de juin. Il s’envolera pour Katmandou et se déplacera dans le Sud et l’Est du pays. Il sera chargé avec les cinq autres volontaires, d’accompagner les défenseurs des Droits Humains en danger de mort.

Yannick part au Népal avec les Brigades de Paix Internationales

Accompagner des « héros des Droits Humains »

Pourquoi ce choix du Népal ? « J’ai travaillé en France et au Vietnam avec les publics en difficultés sociales. Au Népal, l’ampleur des problèmes n’est pas la même. On a affaire à des prédateurs très violents. La présence internationale est indispensable. Tu travailles pour des gens harassés, menacés. »

La présence de PBI peut diminuer considérablement la pression et c’est souvent ce que disent les témoignages des gens protégés : « Sans PBI, je serais mort. »

Yannick réaffirme son engagement : « Tout cela me donne la force de travailler pour PBI. Bien sûr, j’ai mes limites, je n’irai pas travailler dans des contextes génocidaires. Je veux participer pour que des gens restent du côté de la Vie, ces gens qui ont un tel courage. Ce sont les héros des Droits Humains. C’est la moindre des choses de les accompagner. » 

Marie-Anne DIVET.

Lecteurs, lectrices,
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Kashiram Dhungana
Kashiram Dhungana
Pour aller plus loin

Portrait d'une ONG luttant pour la promotion des Droits Humains : Advocacy Forum

Interview de l'avocat Kashiram Dhungana protégé par les Brigades de Paix Internationales

« Nous ne renonçons pas » : une interview de militants népalais des Droits Humains

Sites à consulter:

www.pbi-france.org

www.peacebrigades.org/

www.nonviolentpeaceforce.org/

http://collectif-guatemala.chez-alice.fr/





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​Peste moderne

Pas de pesticide pour elle. Apparue en Occident par un mélange de productivisme et d'argent fou, devenue rapidement un fléau planétaire, la pac, la peste agrochimique, est d'autant plus redoutable qu'elle a, avant d'empoisonner les agriculteurs et ouvriers qui la côtoient ou contaminer la chaîne alimentaire de la terre à l'assiette, infecté gravement les esprits. Pour les paysans qu'elle a sortis de la misère il y a un demi-siècle, elle reste une croyance exploitée sans vergogne par des prêcheurs mercantiles qui les poussent à surproduire avec l'appui de la FNSEA, cet étrange syndicat qui détruit ses propres adhérents, et celui de l'Union européenne qui s'est toujours couchée jusqu'ici devant le monstre Bayer-Monsanto et autres  empoisonneurs. Contre la peste agrochimique et les multiples maux des industries cyniques, un seul traitement : une double dose massive de mouvement citoyen et de courage politique. Il en existe des stocks inemployés.

Michel Rouger

19/10/2017

Nono