Rebelles non-violents

Algérie : « En finir avec la guerre »

Jeudi 15 Mars 2012


Medhi Lallaoui
Medhi Lallaoui
Le film de Medhi Lallaoui « En finir avec la guerre » , réalisé en 2008, est maintenant visible en intégralité sur le site de Mediapart. Ce documentaire collecte les témoignages poignants et clairs des anciens appelés en Algérie. 

C'est en 2004, qu'avec trois collègues,  Rémi Serres dont vous pouvez lire le témoignage sur le site histoiresordinaires.fr, lance  l' « Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre (4 ACG) » dont la présidente d'honneur est Simone de Bollardière, femme de Jacques de Bollardière qui avait dénoncé la torture et de ce fait, avait été démis de ses fonctions en 1957.

Algérie : « En finir avec la guerre »
4ACG rassemble les anciens appelés qui « ont pu vider leur sac  » comme le dit Rémi Serres. Le film de Medhi Lalloui en est la preuve.

Aujourd'hui, de la collecte des pensions, l'association soutient des projets de développement afin de favoriser la solidarité entre les peuples. C'est ainsi qu'elle participe au développement du petit village de Tuzla en petite Kabilie. 
 
A signaler : la parution du numéro 161 de la revue « Alternatives non-violentes  »  sur ce thème « Algérie, les violences d'une guerre, les chances d'une guérison ». Des membres de 4ACG y ont apporté leurs contributions sur la violence de la colonisation, la réconciliation en panne et les séquelles psychologiques chez les appelés. On y parle aussi du refus par le Général Jacques de Bollardière de la torture, du drame d’Albert Camus face à la guerre et, à propos de la bataille d’Alger, de la rencontre entre Germaine Tillion et Yacef Saadi afin de mettre fin au cycle des vengeances.

Dans son éditorial, François Vaillant, responsable de la revue, en présente les enjeux : « Ce numéro d’Alternatives Non-Violentes ne prétend nullement rapporter et commenter la guerre d’Algérie. Il existe déjà de nombreux livres sur le sujet, et d’autres vont certainement encore voir le jour en 2012. Nous pouvons craindre toutefois que l’oubli de la mémoire portera encore sur les Français qui ont osé dire « non » à la guerre d’Algérie, en se déclarant insoumis, déserteurs ou objecteurs de conscience. Ils ont résisté et dit « non », chacun à leur façon, à la pacification, à la torture, aux répressions, aux camps d’internement, aux violations des droits de l’homme. Honneur à ces jeunes gens ! Ils ont préféré rester fidèles à leur conscience et à leurs valeurs au milieu de la fournaise. Oui, honneur à eux, qu’ils aient été mus par l’anarchisme, l’Évangile, l’antimilitarisme ou toute autre force. Ils ont écrit de fabuleuses pages de l’action non-violente, encore trop souvent ignorées des deux bords de la Méditerranée. Ils ont connu, au moment de la guerre d’Algérie, brimades et séjours implacables en prison, sans parler du désaveu fréquent de leurs proches. ( ... )

Un travail de mémoire reste à promouvoir pour que la France et l’Algérie se réconcilient véritablement. En France, il n’est toujours pas bien vu de rappeler les exactions et les violences de la colonisation, puis durant la guerre d’Algérie ; les archives officielles s’ouvrent cependant, alors qu’elles restent encore fermées en Algérie. Aucun tableau n’est ni tout blanc ni tout noir. Ce n’est qu’en reconnaissant chacune leurs propre violences que la France et l’Algérie sauront construire un avenir fondé sur le respect mutuel, sans oublier toutefois que c’est la France qui a colonisé et qui fut la première à user de violence. »

Ce numéro est disponible (au prix de 12,50 €) à l’adresse suivante : ANV, Centre 308, 82 rue Jeanne d’Arc, 76000 Rouen.

Dans la vidéo ci-dessus, les anciens appelés rappellent les conditions de leur départ et leur ignorance de ce qu'ils allaient trouver en Algérie, ils se remémorent ce qu'ils y ont vécu loin du discours officiel et ils assument un devoir de mémoire auprès des jeunes.







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Pourquoi ce blog
Marie-Anne Divet
Marie-Anne Divet
Ce qui m'a intéressée dans les idées de Gandhi, c'est le choix. Ou de réagir à la violence par la violence ou de répondre, en me creusant la tête, d'une autre manière, qui respecte l'être humain, comme un autre moi-même. J'aime cette obligation de faire autrement, d'une façon active et créative, une manière d'être à l'autre et non d'avoir l'autre.
Pédagogue de profession, j'aime cette idée que nous puissions collaborer, lecteurs/lectrices, expert/e/s, pour partager nos questions, mettre en commun nos réflexions et mutualiser nos ressources pour agir au quotidien là où nous vivons.

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