Rebelles non-violents

En Syrie, les non-violents continuent de se battre

Jeudi 8 Novembre 2012


En Syrie, les non-violents continuent de se battre
Les avions bombardent, ici ou là, immeubles et mosquées et les enfants qui jouaient dans la rue tombent silencieusement d'une mort qui ne nous dérange plus. Scènes de la vie quotidienne en Syrie qui ne bousculent plus notre quotidien.

Cela fait dix-neuf mois que cela dure. Dix-neuf mois que les pacifistes syriens protestent contre le régime de Bachar Al-Assad. 30 000 morts selon l'Observatoire Syrien des Droits Humains basé à Londres, des milliers de blessés, 250 000 réfugiés de l'intérieur et autant qui ont fui le pays. Quartiers détruits, campagne ravagée, villages abandonnés.

Penser la démocratie

Les militants pacifistes continuent chaque vendredi à descendre dans les rues. Ils poursuivent, comme nous l'avait dit Mariah dans l'interview paru sur le site, le travail avec les enfants ayant souffert de la violence. Ils apportent leur soutien aux familles des détenus et inventent des moyens d'informer sur la situation. « Avec un soulèvement pacifique, il y a plus de chance d’arriver à la démocratie », estime Shadi Abou Karam « Quand vous tirez, vous n’avez pas le temps de penser au type de démocratie que vous voulez. Seul tuer vous préoccupe » ( Source : AFP)

Devant ce courage-là, pouvons-nous rester impassible ?

Il y a d'autres choix entre rien et la guerre

Les militants non-violents syriens ont besoin de nous, là où nous sommes. Nos gouvernants disposent de moyens intermédiaires non-violents : « Le sabotage, écrit, en matière d'exemple, le chroniqueur britannique Jonathan Freedland qui s'était opposé à la guerre en Irak en 2003 ; le brouillage des communications des forces de Bachar El-Assad, l’offre de récompenses à des dissidents syriens de haut niveau et la publication du nom des unités directement impliquées dans les violences actuelles et de leurs officiers. De cette manière, les généraux d’Assad sauront que, quelle que soit l’issue des événements, ils ne pourront jamais plus voyager librement, de crainte d’être arrêtés et poursuivis en justice. Bien sûr, l’Occident peut aussi soutenir l’opposition qui, ne l’oublions pas, n’est pas une armée ennemie mais qui a vu le jour comme un mouvement non violent de citoyens, aujourd’hui cruellement réprimé. »

« Cet éventail d’options, poursuit Jonathan Freedland, vient de Carne Ross, qui a démissionné de son poste de premier secrétaire auprès de la mission britannique des Nations unies sur l’Irak parce qu’il ne pensait pas que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis avaient épuisé toutes les options avant de recourir à la guerre. Aujourd’hui encore, dans le cas de la Syrie, il considère qu’il existe des mesures non violentes que l’Occident pourrait et devrait adopter en premier ressort. »

La force ensemble

Les ballons qui grimpent plein d'espoir vers le ciel, les fontaines qui coulent rouge du sang des innocents, les roses aux soldats sont les signes, les signes d'une force que nous devons partager là où nous sommes. C'est ce qu'écrivait sur Facebook Ghiyath Matar, quelques jours avant de mourir sous la torture : « Nous avons choisi la non-violence, non pas par manque de courage ou de faiblesse, mais par conviction. Nous ne voulons pas d'une victoire par les armes qui détruirait au passage le pays entier. Nous voulons y arriver par la force morale, et c'est pourquoi nous tiendrons cette ligne jusqu'au bout ».

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Pourquoi ce blog
Marie-Anne Divet
Marie-Anne Divet
Ce qui m'a intéressée dans les idées de Gandhi, c'est le choix. Ou de réagir à la violence par la violence ou de répondre, en me creusant la tête, d'une autre manière, qui respecte l'être humain, comme un autre moi-même. J'aime cette obligation de faire autrement, d'une façon active et créative, une manière d'être à l'autre et non d'avoir l'autre.
Pédagogue de profession, j'aime cette idée que nous puissions collaborer, lecteurs/lectrices, expert/e/s, pour partager nos questions, mettre en commun nos réflexions et mutualiser nos ressources pour agir au quotidien là où nous vivons.

Marie-Anne Divet






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