Rebelles non-violents

Face aux affrontements, les « cercles restauratifs » à la brésilienne

Vendredi 15 Janvier 2016


NESTA, le célèbre "Think Tank" britannique a publié en 2010, "Radical Efficiency" un rapport qui présente dix "technologies sociales" (sur plus d’une centaine analysées) qui produisent de bons résultats pour la société et qui coûtent moins cher que les solutions actuelles. Les cercles restauratifs y sont présentés comme un exemple d'innovation sociale.

Les Circulos Restaurativos ont été initiés dans les années 1990 par Dominic Barter et les habitants de favelas de Rio de Janeiro regroupés dans des organismes locaux avec un objectif commun : trouver une réponse à la violence et à l'injustice. Se formant à la communication non-violente, de rencontres en rencontres, ils constatent l'importance du dialogue entre les protagonistes du conflit.

 Une fois cette médiation mise en place, elle se révèle cependant insuffisante. Les solutions trouvées ne tiennent pas quand les personnes concernées rentrent chez elles. Dominic Barter pense alors à inviter tous ceux et celles qui sont concernés par le conflit : les familles, les travailleurs sociaux, les voisins, les représentants de la communauté...

C'est ce groupe qui écoute les victimes, leurs émotions, leur douleur, leurs questions restées sans réponse et leurs besoins par rapport à l'avenir. Le cercle vise à favoriser la réparation globale des intéressés, la reconquête de leur dignité et leur réintégration sociale harmonieuse.

 Le but du cercle restauratif est de laisser s'exprimer le conflit, dans un cadre sécurisé par le facilitateur. Dans le respect, l'égalité, la considération de chacun,quelque soit son âge ou son niveau scolaire, le cercle vise l'inclusion et l'auto-responsabilisation et se conclue avec le choix d'un plan d'action qui permettra à la justice de s'établir et la paix de s'installer.

 « Je considère les Cercles Restauratifs comme une "application" de la Communication Non-Violente », dit Dominic Barter « Les cercles concernent des projets qui sont en eux-mêmes innovants, dans la mesure où ils rassemblent des groupes qui n’ont habituellement pas l’habitude de travailler ensemble : le ministère fédéral de la Justice, le Département régional de l’éducation, les organismes municipaux de services sociaux, les prisons, la police et les communautés locales dans les bidonvilles (favelas). Nous avons constaté que ce travail est efficace, quelle que soit la nature de l’infraction causée. »

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Marie-Anne Divet
Marie-Anne Divet
Ce qui m'a intéressée dans les idées de Gandhi, c'est le choix. Ou de réagir à la violence par la violence ou de répondre, en me creusant la tête, d'une autre manière, qui respecte l'être humain, comme un autre moi-même. J'aime cette obligation de faire autrement, d'une façon active et créative, une manière d'être à l'autre et non d'avoir l'autre.
Pédagogue de profession, j'aime cette idée que nous puissions collaborer, lecteurs/lectrices, expert/e/s, pour partager nos questions, mettre en commun nos réflexions et mutualiser nos ressources pour agir au quotidien là où nous vivons.

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