Mercredi 22 Mai 2019

La maison de retraite Raymond Thomas a fêté ses 20 ans



Le 14 mai, la maison de retraite Raymond Thomas a fêté ses 20 ans.
En voici le compte-rendu savoureux, à la hauteur de cet après-midi fort joyeux, signé Joe Krapov. 

.Les résidents ont chanté et dansé.
ON N’A PAS TOUS LES JOURS VINGT ANS !
 
Tu vas au bal ? qu'y m'dit
J' lui dis : Qui ? Y m'dit : Toi
J' lui dis : Moi ? - Y m'dit : Oui
J' lui dis : Non, je peux pas
C'est trop loin. Y m'dit : Bon.
Et toi, t'y vas ? qu' j'lui dis.
Y m'dit : Qui ?  J' lui dis : Toi
Y m'dit : Moi ? J' lui dis : Oui
Y m'dit : Non, j'y vais pas
J'ai un rhume et j'ai froid,
J'ai cent ans et j’ suis bien content.
J’ suis assis sur un banc
Et j’ regarde les contemporains
C'est dire si j’ contemple rien !
J’ file des coups de canne aux passants
Des coups de pompe aux clébards
Qui m'énervent et je me marre !
On peut rien m’ dire, j’ suis trop vieux
Trop fragile, trop précieux
J'ai cent ans ! Qui dit mieux ?

 

Voilà deux extraits de chansons de Renaud Séchan que l’étincelant accordéoniste Serge Briand n’a pas interprétées à la fête d’anniversaire à laquelle nous avons assisté le 14 mai 2019. Et pourtant il aurait pu, c’eût été de circonstance.

Il en a négligé plein d’autres comme « Votre EHPAD a vingt ans » de Georges Moustaki ou le traditionnel

« A Villejean y’a une vieille ouais

A Villejean y’a une vieille ouais

Qui a plus d’quatre-vingts-ans Rantanplan la vieille

Qui a plus d’quatre-vingts-ans Rantanplan ».

Même le petit vin blanc qu’on boit sous les tonnelles du côté de Villejean ne faisait pas partie de son répertoire !

Pas plus que le grand classique de la plus toute jeune Chantal Goya :

« Voulez-vous danser grand-mère ?

Voulez-vous valser grand-père,

Tout comme au bon vieux temps

Quand vous aviez vingt ans

Sur un air qui vous rappelle

Combien la vie était belle ?»


Sur le coup de seize heures on a cru que les ténors de la politique locale, départementale et même nationale pallieraient cet oubli fâcheux mais au lieu de pousser la chansonnette, le quatuor Dézélus (François André, Véra Briand, Jean-Luc Chenut, Sylvain Le Moal,) n’a fait que parler de son propre bon vieux temps, se contentant de fredonner sans la musique les paroles de « Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître », de « Je ne sais pourquoi j’allais danser à Villejean au musette », de « La Bohème » et de « Je m’voyais déjà ».Du coup, une fois les discours terminés, le nombreux public et les résidents frustrés se sont rués sur le grand gâteau d’anniversaire.


On a eu droit pour l’occasion à un pot-pourri de madisons, à une chorégraphie sauvage sur la musique de « Les pouces en avant (tchic et tchac han han)» de Kris Law et même à la fièvre disco du samedi soir grâce au «Saint-Malo» de Strollad et à « Magic in the air » de Magic System interprétés par l’accordéoniste. Le personnel de l’établissement et les danseuses du groupe « la Ritournelle » ont fait virevolter tout le monde. Les cannes et déambulateurs ont valsé et c’est tout juste si on n’a pas cassé les fauteuils roulants comme aux temps bénis des concerts de Gilbert Bécaud ou Johnny Hallyday à l’Olympia. Dieu merci, la mode féminine d’envoyer sa petite culotte sur la scène pour dire son amour à l’artiste s’est perdue ! Même Madonna ne balance plus la sienne au public !

 

Félicitations donc à toutes celles et ceux, personnel, encadrement, médecins et bénévoles qui oeuvrent quotidiennement pour que les 80 personnes âgées, non, pardon, les 80 seniors bien conservé.e.s, dont huit centenaires, qui logent ici puissent chanter ad libitum :

 

« Y'a d'la joie bonjour, bonjour les hirondelles

Y'a d'la joie dans le ciel par-dessus les toits

Y'a d'la joie et du soleil dans les ruelles

Y'a d'la joie partout, y'a d'la joie »

 

Joe Krapov