L'ouvrage "Hola desde Cuba" étant épuisé, Histoires Ordinaires propose en accès libre les vingt-quatre portraits réalisés par notre ami poète et philosophe Juan Lazaro Besada dans sa ville de Trinidad ainsi que le portrait de l'auteur.

Avec la fièvre de l’art dans les veines




Avec la fièvre de l’art dans les veines
On peut vivre en faisant de notre passage dans l’existence une lumière d’aurore illuminant notre prochain. Il est particulièrement admirable de consacrer son existence à créer de la beauté car elle éclaire et ouvre la voie à la jouissance de notre humanisme. Dans la ville de Trinidad, qui atteindra prochainement les cinq-cents ans d’existence, car elle a été fondée en 1514, les créateurs abondent. L'un d’eux est la raison de ces feuillets, écrits avec le respect et l’admiration dus à un talent exceptionnel et à une sensibilité émouvante. 

Avec la fièvre de l’art dans les veines
Dès 3 ans

Né durant l’année 1970, lorsque le pays était noyé sous dix millions de tonnes de sucre à produire, Pavel Esquerra est un créateur profondément marqué par l’art. Vouant un culte à la musique, poète et artiste plasticien... Converser avec lui, entrer dans son univers personnel, c’est découvrir un monde plein de nuances qui lui donnent un charme singulier.
 
Sa vie d’étudiant fut très bigarrée. Il étudia d'abord à l’Ecole d’Art où il fit connaissance avec les techniques du dessin et de la peinture. Postérieurement, il rentra à l’Ecole Militaire « Camilo Cienfuegos » où se forment les futurs officiers des Forces Armées et finalement, il a bouclé ses études à l’Institut Polytechnique des Systèmes Automatiques de la ville de Santa Clara.  
 
Avec une modestie et un simplicité admirables, Pavel avoue que sa première approche de la musique, spécialement de la guitare qui est sa compagne inséparable, s’est produit à l’âge de trois ans : à la maison, il y avait en effet une guitare jouet. Là a surgi cet amour qui depuis l’accompagne dans la vie, et auquel il a toujours été fidèle.

Chanteur, peintre aussi
Chanteur, peintre aussi
Plus de mille chansons

Même s’il n’est pas diplômé en musique, car il a seulement étudié le solfège en autodidacte ; depuis sa première chanson « bien que tout passe, ne m’oublie pas » créée à 17 ans avec une guitare prêtée par un ami, il a accumulé plus de mille compositions, dont beaucoup sont chantées par les gens de Trinidad et appartiennent, par un droit naturel, au patrimoine culturel de la ville. 
 
De taille plutôt petite, la peau olivâtre, les yeux petits et vivaces, une démarche posée et une manière de parler qui révèle une âme entièrement dédiée à un univers intérieur où l’art bouillonne et le pousse à créer, Pavel est un artiste digne d’un meilleur sort. Même si en ville tout le monde le connaît et l’admire, il n’a jamais réussi à ce qu’on le reconnaisse comme musicien professionnel, ce qui est une dette de la culture envers un créateur comme lui.
 
Alors qu'il était étudiant à l’Ecole Secondaire, il a participé à un concours de littérature et c’est là qu'est née sa passion d’écrire. Les fruits récoltés sont ses deux livres de poésie déjà publiés : « Le violon cassé » qui relève de la poésie pour enfants et « Silence imprononçable ». Les deux sont parus aux éditions Luminarias de Sancti Spiritus.

Avec la fièvre de l’art dans les veines
Avec l'aide des amis allemands, français...

D’une âme agitée, enclin à la méditation métaphysique et mystique, Pavel appartient à la race de ceux qui créent sans cesse. Il n’a pas de travail et il subvient quotidiennement à ses besoins en vendant des CD contenant sa musique. Ces CD lui ont été gravés par des amis d’autres pays qui ont apprécié ses chansons et ont su lui tendre une main généreuse.
 
Le premier d’entre eux, qui a pour nom « Babylone est tombée », est dû à une amie française ; le second, « Don Quichotte et moi », peut-être sa plus solide production, à un ami allemand ; le troisième, « Comme la rose », a bénéficié de l’aide d’une nord-américaine même s'il n’est jamais arrivé entre ses mains à cause du différent existant entre ce pays et le nôtre ; et le dernier, « Tout n’est pas suspendu à des fils », est dû à un autre Allemand. Par ailleurs, il met en dépôt certaines de ses peintures dans les galeries privées de la ville et peut, de cette manière, subvenir à ses besoins et aider ses parents avec qui il habite.
 
Autrefois, il avait l’habitude de chanter dans certains lieux à touristes où il pouvait vendre ses CD et obtenir ainsi une certaine rentrée économique. Aujourd’hui, il le fait de façon sporadique chez certains amis qui lui proposent leur amitié, en fins connaisseurs du trésor immense que ses créations enferment. 

Avec la fièvre de l’art dans les veines
Un véritable poète

Même s’il cultive aussi bien la poésie que les arts plastiques et la musique, pour beaucoup de personnes, parmi lesquelles je me compte, il est un véritable poète. Pavel a l’habitude de se définir lui-même comme musicien par dessus tout. La passion avec laquelle il interprète ses chansons, la force vitale qu’il imprime à ses mains lorsqu’il prend la guitare, la passion avec laquelle sa voix, chaleureuse et puissante, livre le chant, le rendent inoubliable. 
 
Il m’avoue, avec une certaine fierté de créateur, qu’il considère comme ses meilleures chansons « Comme la rose », « La Marinera » et « Quichotte de moi ». Bien que je pense, puisque je connais presque toutes ses créations, qu’à cette liste on peux en ajouter d’autres comme « Chrysalide », « Hotel 21 », « Quelqu’un qui a vu tes seins » « Petite idylle nocturne » et beaucoup d’autres qui échappent à ma mémoire. De sa voix douce, Pavel affirme que l’idéal de sa vie est la bonté. Jamais, il n’a été préoccupé par autre chose que le développement de son monde intérieur, de cette spiritualité qu’il recrée dans ses œuvres.
 
Celui qui le voit traverser les rues de la ville, avec sa guitare sur son épaule, habillé avec modestie, toujours souriant et perdu dans ses pensées, ne peut pas comprendre l’immensité de son âme, pleine de lumières scintillantes.
 
Troubadour aux racines bien attachées à la terre qui l’a vu naître, ami simple et généreux comme ceux qui offrent leur art sans penser à la célébrité frénétique, musicien de l'oreille, poète, bohémien, Pavel Esquerra voudrait qu’on se souvienne de lui comme de quelqu’un qui a tout donné, même son propre esprit, sans demander en échange autre chose qu’un sourire ou un souvenir. Alors que ses chansons continuent à égayer les nuits de Trinidad et que sa voix résonne dans les recoins de la ville, on peut élever un monument à la simplicité de cet artiste qui conquiert et enchante et à un être humain qui a fait de son art un havre de paix.

Traduction : Rocio Guerrero
(Intertitres : rédaction d'Histoires Ordinaires)


Titre original : 

                                    Con la llama del arte en las venas

Se puede vivir para hacer de nuestro paso por la existencia luz de aurora, que ilumine a nuestro prójimo. Especialmente hermoso es consagrar la existencia a crear belleza, porque ella alumbra y muestra la senda al goce de nuestro humanismo. En esta Trinidad, que pronto alcanzará los quinientos años de existencia, pues fue fundada en 1514, abundan los creadores. Y uno de ellos es el motivo de estas cuartillas, escritas con el respeto y la admiración debidos a un talento excepcional y a una sensibilidad conmovedora.
 
Nacido en el año 1970, cuando el país se encontraba sumido en la tarea de fabricar diez millones de toneladas de azúcar, Pavel Esquerra es un creador marcado profundamente por el arte. Cultor de la música, poeta y artista de la plástica, conversar con él, entrar en su universo personal es descubrir un mundo rico en matices que le confieren un singular encanto.
 
Su vida de estudiante fue muy abigarrada. Estudió inicialmente en la Escuela de Arte, donde trabó conocimiento con las técnicas del dibujo y la pintura. Posteriormente ingreso en la Escuela Militar “Camilo Cienfuegos”, donde se forman los futuros oficiales de las Fuerzas Armadas y finalmente, concluyó por cursar estudios en el Instituto Politécnico de Sistemas Automatizados en la ciudad de Santa Clara.
 
Con una modestia y sencillez admirables, Pavel confiesa que su primer acercamiento a la música, especialmente a la guitarra, quien es su inseparable compañera, se produjo a los tres años de edad, pues en su casa había una de juguete. Y allí surgió ese amor que desde entonces le acompaña por la vida y al cual siempre le ha sido fiel.
 
Aunque no es un profesional de la música, pues solamente estudió solfeo de forma autodidacta, desde los 17 años, cuando escribió su primera canción titulada “Aunque todo pase, no me olvides”, la cual creó con una guitarra que le prestase un compañero, acumula ya más de mil composiciones, muchas de las cuales son cantadas por los trinitarios y pertenecen, por derecho propio, al acervo cultural de la ciudad.
 
De estatura más bien baja, piel cetrina, ojos pequeños y vivaces, andar pausado y un habla donde se revela un alma toda entregada a ese universo interior donde el arte bulla y le compulsa a crear, Pavel es un artista digno de mejor suerte. Aunque en el pueblo todos le conocen y admiran,  jamás ha logrado que se le profesionalice como músico, lo cual es realmente una deuda de la cultura con él como creador.
 
Siendo estudiante de la Escuela Secundaria, participó en un concurso de literatura y ahí nació su pasión por escribir. Frutos de ella son sus dos libros de poesía ya publicados: “El violín quebrado”•, que es de poesía infantil y “Silencio impronunciable”, ambos aparecidos en la Editorial Luminarias de Sancti Spiritus.
 
De alma inquieta, propenso a la meditación metafísica y mística, Pavel pertenece a la raza de quienes crean sin cesar. No tiene trabajo y se gana el diario sustento mediante la venta de CDs que contienen su música. Estos CDs le han sido grabados por amigos de otros países, que han disfrutado de sus canciones y sabido tenderle una mano generosa.
 
El primero de ellos, que lleva por nombre “Babilonia cayó”, se debió a una amiga francesa; el segundo, “Don Quijote y yo”, acaso su más sólida producción, a otro amigo alemán; el tercero, “Como la rosa “, se debió a la ayuda de una norteamericana, aunque jamás ha llegado a sus manos por el diferendo existente entre ese país y el nuestro y el último, “No todo cuelga de hilos”, a otro alemán. También coloca algunas de sus pinturas en las galerías privadas de la ciudad y puede, de esa manera, sostenerse y ayudar a sus padres, con quienes vive.
 
En tiempos pasados solía cantar en algunos sitios para turistas, donde podía vender sus CDs y obtener así alguna entrada económica. Hoy, lo hace de forma esporádica en las casas de algunos amigos que le ofrecen su amistad, conocedores del tesoro inmenso que encierran sus creaciones.
 
Aunque cultiva tanto la poesía, como las artes plásticas y la música y para muchos, entre quienes me cuento, es un verdadero poeta, Pavel suele definirse a sí mismo como músico por sobre todas las cosas. La pasión con que interpreta sus canciones, la fuerza vital que imprime a sus manos cuando toma la guitarra en sus manos, la pasión que su voz, cálida y poderosa, derrama al cantar, lo hacen inolvidable.
 
Me confiesa con un cierto orgullo de creador, que considera como sus mejores canciones las siguientes: “Como la rosa”, “La marinera” y “Quijote de mí”. Aunque yo creo, pues conozco casi todas sus creaciones, que a esa lista podrían agregarse otras como “La crisálida”, “Hotel 21”, “Alguien que vio tus senos”, “Romancillo nocturno” y tantas otras que se escapan a mi memoria. Con su habla pausada Pavel afirma que el ideal de su vida es la bondad. Jamás le ha preocupado otra cosa más allá del cultivo de su mundo interior, de esa espiritualidad que recrea en sus obras. 
 
Quien le ve atravesar las calles de la villa, con su guitarra al hombro, vestido con modestia, siempre sonriente y encerrado en sus pensamientos, no puede comprender la inmensidad de su alma, llena de destellos de luz.
 
Trovador de raíces bien fincadas en la tierra que le vio nacer, amigo sencillo y generoso, de esos que prodigan su arte sin pensar en la fama vocinglera, músico de oído, poeta, bohemio, Pavel Esquerra quisiera que siempre le recordasen como alguien que lo entregó todo, incluso su propio espíritu sin pedir a cambio más que una sonrisa o un recuerdo. Mientras sus canciones sigan alegrando las noches trinitarias y su voz resuene en algún rincón escondido de esta ciudad, se estará alzando un monumento a la sencillez de este artista que conquista y encanta y de un ser humano que ha hecho del arte su remanso de paz.
 



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Bienvenue à Cuba
Michel Rouger
Pays-prison pour les uns, pays de l'utopie en marche pour les autres : quand on parle de Cuba, la caricature n'est jamais loin. Et si l'on chassait les fantasmes ? Gardons les clichés qui ne sont pas faux - la musique, le rhum, le cigare, les plages... - et pour le reste déposons les idées reçues. S'arrêter, regarder, s'interroger. Cuba, au tournant de son histoire, contrainte de s'ouvrir pour survivre, a beaucoup à dire à un monde désaxé, en recherche d'un horizon plus humain. Surtout ses habitants. Et Juan, le poète et le philosophe, peut-être un peu plus que d'autres. Une amitié s'est nouée avec Histoires Ordinaires. Désormais, deux fois par mois, Il nous raconte ses histoires, des histoires vraies. Merci Juan de nous accueillir dans ta maison, Cuba.

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Chez Juan Lazaro, le poète philosophe
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