La question de la santé était disposée au sol et de manière à être vue de loin
Cette question a suscité de multiples discussions et réactions de gens du quartier. Leurs paroles transcrites sur des cartons ont été affichées autour du stand. Elles témoignent d’un fort intérêt pour les problèmes de santé.
Plusieurs discussions évoquent des critiques du système médical. Une habitante du quartier parle de la dégradation du service des hôpitaux . Elle souligne un temps d’attente de plus en plus long lorsqu’elle se rend aux urgences. Nous avons affiché sa parole : “L’hôpital se dégrade…”.
Plusieurs discussions évoquent des critiques du système médical. Une habitante du quartier parle de la dégradation du service des hôpitaux . Elle souligne un temps d’attente de plus en plus long lorsqu’elle se rend aux urgences. Nous avons affiché sa parole : “L’hôpital se dégrade…”.
Davantage d’hôpitaux
Un monsieur, intrigué par notre stand, a évoqué le même ressenti. Il parle du manque de place aux urgences et chez le médecin.: “Ça manque de médecins et d’hôpitaux !”. Pour lui, plus d’hôpitaux devraient être construits pour pallier le manque de place. Il note être parfois obligé d’aller aux urgences à défaut de trouver un rendez-vous rapidement chez les professionnels de santé. Une autre personne a longuement parlé de sa situation. Elle souhaite : “Trouver une solution pour contrer l’errance médicale et réduire les délais pour les rendez-vous.”
Ces discussions plus ou moins longues ont relevé le sentiment partagé d’un service public de plus en plus inaccessible, long, et qui manquerait de moyen.
Difficile de prendre rendez-vous chez le médecin.
“Le numérique est un frein aux soins”
Les difficultés d’accès au numérique rendent la prise en charge médicale parfois impossible. Plusieurs échanges ont mis en lumière un sentiment de frustration face à la disparition progressive du contact humain dans les démarches de santé. Des habitantes et habitants racontent leurs difficultés à prendre des rendez-vous médicaux : beaucoup de médecins prennent les réservations uniquement en ligne via des plate-formes comme Doctolib. Mais ces plate-formes ne sont pas accessibles à tous et toutes. Un autre habitant explique sa réticence à être en contact avec une intelligence artificielle au téléphone. Selon lui, cela peut freiner les personnes à prendre rendez-vous pour se soigner, notamment les personnes âgées, souvent éloignées de la technologie. Quelques cartons portant ce problème ont été affichés : “L’humain qui disparaît de plus en plus !” ou encore “Le numérique est un frein aux soins !”.
La sur-présence du numérique produit une inégalité d’accès à la santé. Plusieurs participants et participantes expriment le besoin de garder des solutions plus humaines pour préserver l’accès équitable à la santé.
L'argent est l'une des sources d'inégalité.
“La santé dépend des moyens financiers.”
Plusieurs habitantes établissent un lien entre prise en charge médicale et niveau de richesse : “si j’ai de l’argent, je pense que je peux me faire soigner plus vite”. “L’accès aux soins se dégrade, nous ne sommes pas tous égaux face à la maladie et à la prise en charge, médecine de classe !”. L’argent est identifié par les habitantes comme une des sources principales d’inégalité face à la santé. D’autres habitantes répondent littéralement à la question “est ce que la santé c’est pour tout le monde ?” : “oui, mais ça dépend de votre mutuelle ! ” ; “Ben oui ! Mais, juste, avez-vous une mutuelle et un peu de trésor[erie] si vous êtes en arrêt maladie ?”. Les habitantes se représentent la santé comme destinée à tous, mais cette représentation se heurte aux inégalités d’accès à une bonne mutuelle. Un des cartons affiche : “pour les personnes handicapées, un casque anti-bruit, une canne, des chaussures adaptées… ça n’est pas un luxe. Remboursez-les !”. Selon cette habitante, certains équipements médicaux sont injustement comparables à des produits de luxe en raison de leur non prise en charge par le contribuable.
Les liens sociaux sont un tampon
Un lien est établi par plusieurs habitants entre l’isolement et la dégradation de la santé : “Les gens isolés socialement ont une moins bonne santé”. A l’opposé, les sociabilités et différents liens sociaux constituent selon les habitants d’importantes ressources. D’une part, ils permettent de prévenir les risques de santé : “Les liens sociaux sont un tampon qui permet de prévenir la nécessité de certains soins. Si j’avais pas mon meilleur ami, je serais en hôpital psy depuis des années”. D’autre part, ces liens permettent de bénéficier d’un appui lors de parcours de prise en charge médicale au sein desquelles une habitante évoquait qu’on pouvait s’y sentir seul : “avoir des proches (famille, amis…) qui soutiennent, même s’ils comprennent pas tout, c’est essentiel”.
Nawell Galeb, Titouan Jules
(1) Forum organisé par le bailleur social Aiguillon Construction
Contact courrieldynegavillejean@gmail.com