Vu, lu, entendu...

02/11/2011

Poésie : « Croquis-Démolition » (d'une usine)




Poésie :  « Croquis-Démolition » (d'une usine)
Jean-Pierre Nédélec nous recommande la lecture de « Croquis-Démolition  » de Patricia Cottron-Daubigné avec ce commentaire de l'éditeur de poésie Louis Dubost :

« Un poète prend en charge et aux mots la "casse" sociale, familiale, affective consécutive à la fermeture d'une usine (SKF à Fontenay-le-Comte) délocalisée dans un pays européen pour des alibis économiques que nous connaissons trop bien (...). Un superbe texte dont on ne sort pas indemne tant d'un point de vue littéraire par la « voix » puissante et fragile qui soulève les mots que sur un plan moral et politique où il ne s'agit plus de se contenter de la question "que faire ?". »

Aux Editions de La Différence, 10 €.





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Le billet de la semaine

​Marché colonial

Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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