Vu, lu, entendu... Europe

14/11/2013

Le traité transatlantique, un typhon qui menace les Européens


Le Monde diplomatique de novembre consacre un grand article au projet de traité commercial transatlantique. « Les citoyens que nous sommes, dit le Diplo, feraient bien de s'y intéresser de toute urgence car, au cas où nous en aurions douté, ce qui se prépare ne semble guère dans notre intérêt, malgré toutes les créations d'emplois qui y seraient attachées.»


Le traité transatlantique, un typhon qui menace les Européens

« Négocié en secret, ce projet (de traité), ardemment soutenu par les multinationales, leur permettrait d'attaquer en justice tout Etat qui ne se plierait pas au libéralisme (...). S'il devait entrer en vigueur, les privilèges des multinationales prendraient force de loi et lieraient pour de bon les mains des gouvernants. Imperméable aux alternances politiques et aux mobilisations populaires, il s'appliquerait de gré ou de force », écrit le mensuel. 

« Sous un tel régime, les entreprises seraient en mesure de contrecarrer les politiques de santé, de protection de l'environnement ou de régulation de la finance mises en place dans tel ou tel pays en lui réclamant des dommages et intérêts devant des tribunaux extrajudiciaires », assure encore "Le Monde diplomatique".
 

Mais ces pratiques existent déjà, souligne le mensuel. Et même de la part de sociétés européenne : « On a pu voir récemment des sociétés européennes engager des poursuites contre l'augmentation du salaire minimum en Egypte ou contre la limitation des émissions toxiques au Pérou. »

« Autre exemple: le géant de la cigarette Philip Morris, incommodé par les législations anti-tabac de l'Uruguay et de l'Australie, a assigné ces deux pays devant un tribunal spécial »...
 

« Au lieu de prôner un simple assouplissement des lois existantes, les activistes du marché transatlantique se proposent carrément de les réécrire eux-mêmes », avec leurs bataillons d'"experts" en tous genres qui, eux, suivent les négociations au jour le jour, contrairement au citoyen.


Un article inquiétant, en particulier parce qu'il démontre à quel point le Politique est en train d'être vidé de sa substance.


Pour en savoir plus


- un site à l'initiative du CEPAG, association d'éducation populaire Belge No-transat.be    





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Le billet de la semaine

​C’est la guerre

Tocsin. Mobilisation générale. "Nous sommes en guerre", a martelé six fois lundi soir le Président Chef des Armées. Tous aux abris ! Et bien entendu : on ne va pas, par désinvolture, filer la saloperie aux plus fragiles au risque qu’ils en meurent et d’aggraver la charge de travail des personnels soignants. Car l’ennemi pilonne durement nos services de santé inconsidérément fragilisés. Un peu comme nos bornés de généraux de 1914 avaient lancé des soldats en rouge/bleu horizon sous la mitraille allemande, nos gouvernants affaiblissent depuis des décennies nos hôpitaux. Avant que surgisse cette guerre, les héros célébrés aujourd’hui ont réclamé en vain des effectifs, des lits, des moyens suffisants. Ils se battaient depuis le 18 mars 2019, un an, impuissants comme nous tous devant la pandémie financière, dite parfois grippe américaine et en France CAC-40, qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans celle du Covid-19. Mais regardons l’horizon. "Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause", a lancé lundi le chef de l’État. Après tout, après juin 40, il y eut mars 44, le programme du Conseil national de la Résistance, les Jours Heureux, la sécurité sociale pour tous, la solidarité collective. Ok, Général. En marche.

Michel Rouger
 

17/03/2020

Nono












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