28/03/2020

​A Vannes, des paniers de fruits et légumes pour les plus démunis



Créés en 2015 par un cuisinier en restauration collective écœuré de voir le gaspillage alimentaire dans les établissements, l'association "les cuisiniers solidaires" de Vannes s'est adaptée à la crise. "
On avait de plus en plus de demandes de familles qui n'avaient plus rien dans leurs frigos, témoigne Akim Kounchef, le fondateur de l'association et d'un autre côté des producteurs comme Armor Fruits qui, avec le confinement, nous disaient ne plus savoir que faire de leurs fruits et légumes "On ne va tout de même pas les mettre à la poubelle !"
Le confinement a touché les familles les plus démunies, certaines associations ont fermé leurs portes laissant ces familles sans solution. C'est le cas d'Axelle qui touche une allocation adulte handicapé/
"Je n'ai plus d'argent et je ne savais plus quoi faire pour attendre le versement de ma pension le 5 avril."
Avec les deux salariés de l'association et la quinzaine de bénévoles qui donnent un coup de main, les "cuisiniers solidaires" ont décidé d'organiser la distribution de paniers de produits frais.
"Ca me dépanne bien, explique Rozenn, mère de famille du quartier de Kercado. Je ne peux pas laisser mes enfants pour aller faire des courses et le frigo se vide très vite avec 5 enfants. Dans le quartier, tout le monde connaît les cuisiniers solidaires, je les ai contactés par l'intermédiaire d'une famille et ils m'ont apporté des fruits et des légumes."
Akim Kounchef poursuit :
"Notre réseau s'est considérablement élargi. Jeudi, nous avons fourni des caisses de fruits et légumes à un trentaine de migrants de "sauvegarde 56.  Nous accompagnons aussi les maraudes qui ont repris deux soirs par semaine pour les SDF de la région vannetaise. " Toutefois, dès que la confinement sera terminé, nous reviendrons à notre activité habituelle."

Toute l'année, les cuisiniers solidaires recréent du lien social

Originale, cette association qui a pour ambition de créer du lien social dans les quartiers prioritaires est née de la prise de conscience d'un cuisinier de restauration scolaire.  il a eu le déclic un jour en voyant une collègue jeter des restes de repas. « Elle était en pleurs, parce qu’elle-même pointait aux Restos du cœur ». 

Ce quinquagénaire, a grandi au sein d’une fratrie de 7 frères et sœurs et où il fallait se serrer les coudes.
"Mes parents étaient harkis. On habitait près de Vannes, dans un petit village où il y avait beaucoup d’entraide et il n’était pas question de gaspiller. " 
Son idée de lutter contre le gaspillage alimentaire a fait son chemin. Il s’est d'abord  rendu au supermarché de Ménimur, quartier prioritaire de Vannes, et a cuisiné des légumes déclarés invendables.
J’ai fait une soupe que j’ai distribuée gratuitement aux clients à l’entrée du supermarché. Ça s’est ébruité, puis on s’est retrouvé dans un appartement avec des gens du quartier, à cuisiner. Et c’est comme ça que l’association est née. 
Il récupère principalement des fruits et légumes près de la banque alimentaire ou par le biais de producteurs locaux pour organiser des actions de sensibilisation et redistribuer les produits récoltés une à deux fois par semaine.

Depuis, l'association a trouvé un local, recruté deux salariés en contrats aidés et Cuisiniers solidaires sensibilise les enfants des écoles, les jeunes et les familles des quartiers à la lutte contre le gaspillage en organisant des cours de cuisine, des goûters, des distributions de produits récupérés. Ça crée du lien et ça permet de sortir les jeunes du quartier, de voir autre chose. On cuisine des plats ensemble, avec des fruits et légumes, accessibles à toutes les cultures.

L'association  a reçu en janvier 2019 le titre de Talents de cités, régional et national. 

Jean-Luc Poussier


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Dimanche soir


Ainsi, avançant l’été d’une journée, le gouvernement nous permet de fêter jusqu’au bout de la nuit le dimanche électoral. A quatre jours du scrutin, cette largesse ne peut que ravigoter les candidats Marcheurs qui ont dû mal à masquer leur gêne devant le mauvais coup porté à la Loi Molac et à diverses volontés populaires. Elle devrait permettre aussi aux présidents, secrétaires et assesseurs des bureaux de vote de célébrer autour d’un pot bien mérité un engagement citoyen qui fait bien défaut à chaque rendez-vous électoral. Car la démocratie, frappée par l'abstention, pourrait bien, elle, ne pas être à la fête dimanche soir. 

Michel Rouger
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17/06/2021

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