Vu, lu, entendu... Citoyenneté / Libertés

Vies de taulards sur la toile


23/01/2014




Qui de mieux que des ex-détenus pour raconter la vie carcérale ? Les blogs de prisonniers fleurissent sur rue89. Le « taulard inconnu » a le sien. Il découvre et nous fait découvrir la détention, pas à pas, de l’intérieur même de sa cellule. Clandestinement.

Dans le cadre de sa campagne « Ils sont nous », l’Observatoire international des prisons (OIP) a aussi ouvert un blog sur rue89 : « Passés pas la case prison ». Une femme victime de violences conjugales qui a tué son mari, un jeune dealer, un pédophile… les récits défilent, recueillis par des rédacteurs de l’observatoire.
 
Entre ces parcours, rien en commun a priori. Sauf la prison qui les réunit. Ces ex-détenus parlent de leur vie d’avant, des conditions de détention, de l’effet prison : libération, « effet criminogène », anéantissement. En filigrane, des réflexions sur la prévention de la récidive se dessinent, un appel à écouter.
 
Et cette question enfin. L’incarcération est-elle toujours la bonne solution ? Alcooliques, malades, les détenus ont-ils vraiment tous leur place en prison ? Celle-ci est parfois un lieu de rebut, « où la société se débarrasse de ce qui la menace ou de ce qu'elle ne peut nourrir », comme l'a écrit Albert Londres. Dilatation du temps, rétractation de l’espace. Le noir, la solitude dans la promiscuité, l’entraide, la violence endémique. Dans un lieu abandonné, livré à lui-même.
 
L’OIP prévoit aussi la publication, d’ici un an, d’un livre de portraits, à partir d’entretiens réalisés par des écrivains.

Emilie Lay









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Le billet de la semaine

Notre Dame de France

Etouffant le ramdam, le Président a remballé le statut de Première Dame promis à sa mariée lors de sa chevauchée printanière vers le pouvoir. Brigitte (qui n'a d'ailleurs jamais prétendu au rôle d'un Philip d'Edimbourg, le grand consort anglais) va seulement voir sa Maison étoffée, plus de gens, un super standard peut-être. Pour un emploi familial, tapez 1. Un voisin bruyant, tapez 2. Un chat perdu, tapez 3. Etc. Mais pourquoi donc une Première Dame ? En Allemagne, l'époux d'Angela Merkel cultive un anonymat farouche : le rôle, il est vrai, n'est pas fait pour les hommes. Concrètement, la République n'a-t-elle pas ses médiateurs, ses serviteurs ? Pourquoi les Français, pour réveiller une administration parfois ensommeillée, devraient-ils compter sur l'oreiller de la Moitié ? En fait, il y a là, bien sûr, plus qu'un service rendu. Un symbole. Celui d'un peuple de sujets plus que de citoyens.

Michel Rouger

09/08/2017

Nono



Webdoc "Les 11 de Saint Péran"