Elle était en train d'accrocher son expo, organisée par l'association «Jeunes à travers le Monde». Des photos prises l'automne dernier dans le camp de Deisheh, à Bethléem, qui révèlent la détresse et l'impuissance des jeunes Palestiniens en même temps que la sensibilité de leur jeune auteure, Mouna Saboni.
23 ans, bretonne de Pleumeleuc, 2 500 habitants, Mouna est enracinée en même temps dans le mixité de son époque, un père marocain, une mère française qui lui ont ouvert tout grand les horizons. Sa première année de fac, à Rennes, Mouna la passe souvent dans la rue, contre le fameux CPE, le Contrat Première Embauche. La seconde année, elle participe au réseau « Université sans frontières ». Durant la troisième, elle s'en va six mois en Argentine.
Dans un bidonville, près de Buenos Aires
«Nous avions créé une association avec des amis français et argentins pour aider les populations des bidonvilles, faire de l'alphabétisation, dans la province de Buenos Aires. C'est là que j'ai décidé de faire de la photo et du documentaire. » Durant la quatrième, elle travaille son master, participe à Radio-Campus mais garde l'esprit rivé sur la photo. En 2009, tout en bossant son master en Économie sociale et solidaire, elle passe - et réussit – l'examen d'entrée à l'École nationale supérieure de la photographie, à Arles.
La Palestine ne peut que tarauder la jeune photographe « touchée surtout par les questions sociales et politiques », séduite aussi par la poésie intense et engagée de Mahmoud Darwich. À l'été 2010, elle enchaîne les jobs et met de côté 1500€. Elle peut y ajouter les aides de « Jeunes à travers le Monde », de la communauté de communes de Montfort-sur-Meu, de la Région Paca. Elle prend contact avec des journalistes, des associations, des photographes. Direction Jérusalem puis Bethléem: en septembre 2010, Mouna découvre le camp de réfugiés de Deisheh.
« J'y suis arrivé en cherchant une chambre en guest house, j'ai été très bien accueillie, j'y suis restée...» Mouna trouve rapidement sa place dans la vie du camp, rythmée par les activités gérées par les habitants eux-mêmes, où 70% de la population a moins de 18 ans, où beaucoup de jeunes gens arrêtés lors de la seconde Intifada ont étudié en prison auprès de leurs aînés: «Nous parlions de Camus, Saïd, Darwich... »
La Palestine ne peut que tarauder la jeune photographe « touchée surtout par les questions sociales et politiques », séduite aussi par la poésie intense et engagée de Mahmoud Darwich. À l'été 2010, elle enchaîne les jobs et met de côté 1500€. Elle peut y ajouter les aides de « Jeunes à travers le Monde », de la communauté de communes de Montfort-sur-Meu, de la Région Paca. Elle prend contact avec des journalistes, des associations, des photographes. Direction Jérusalem puis Bethléem: en septembre 2010, Mouna découvre le camp de réfugiés de Deisheh.
« J'y suis arrivé en cherchant une chambre en guest house, j'ai été très bien accueillie, j'y suis restée...» Mouna trouve rapidement sa place dans la vie du camp, rythmée par les activités gérées par les habitants eux-mêmes, où 70% de la population a moins de 18 ans, où beaucoup de jeunes gens arrêtés lors de la seconde Intifada ont étudié en prison auprès de leurs aînés: «Nous parlions de Camus, Saïd, Darwich... »
Trouver la poésie, la résistance hors des armes, de Mahmoud Darwich
Beaucoup aussi sont travailleurs sociaux, dans les associations du camp. «Je leur ai proposé de faire des photos, je voulais bosser avec eux sur la prison, les femmes de prisonniers mais aussi la vie quotidienne. » En gardant un regard de journaliste: « On ne pas nous approprier les causes qui ne sont pas les nôtres. »
Mouna a passé ensuite une semaine à Hébron, animant un atelier photo avec cinq garçons et filles de 8 ans dotés d'appareils jetables. Elle est revenue mais la Palestine ne la quitte pas. « Mon projet de départ était d'aller à la recherche de Mahmoud Darwich, qui est mort il y a trois ans, d'aller trouver là-bas la beauté de sa poésie, sa poésie de la révolte, trouver cette résistance hors des armes. Je vais continuer. La première fois, on est happé, on prend tout ça à cœur... »
Fin mars, Mouna est repartie pour un mois sur les pas de Darwich Peu à peu, elle va utiliser aussi la caméra. L'une de ses ambitions professionnelles est en effet de réaliser des documentaires. Son approche du reportage est de « pouvoir traiter les sujets au fond » tout en rendant compte de ce qui anime les gens. En Palestine, comme le disent ses photos, « il n'y a pas de fatalisme, il y a une rage de vivre extraordinaire; cette force, c'est leur raison de vivre. »
Fin mars, Mouna est repartie pour un mois sur les pas de Darwich Peu à peu, elle va utiliser aussi la caméra. L'une de ses ambitions professionnelles est en effet de réaliser des documentaires. Son approche du reportage est de « pouvoir traiter les sujets au fond » tout en rendant compte de ce qui anime les gens. En Palestine, comme le disent ses photos, « il n'y a pas de fatalisme, il y a une rage de vivre extraordinaire; cette force, c'est leur raison de vivre. »
Michel ROUGER.
Pour aller plus loin
-Mouna Saboni a pu se rendre en Palestine grâce, entre autres, au soutien de l'association Jeunes à Travers le Monde .
-Elle vient de publier une interview d'Anne Paq, photographe engagée, dont on peut découvrir aussi les photos de Palestine.
- Voir également son blog en forme de carnet de route "A la recherche de Mahmoud Darwich"



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