Vu, lu, entendu...

Le voyage de Magali à Paris


12/09/2012




Le voyage de Magali à Paris
Magali a tout préparé : ce n'est pas une mince affaire que d'embarquer poussette, biberons et vêtements pour la petite Clara. Une véritable expédition que d'aller à Paris au Service d'Accompagnement à la Parentalité de Personnes Handicapées (SAPPH). 

Magali a de multiples fois téléphoner à Edith Thoueille ou à Martine Vermillard, pendant sa grossesse, puis, quand le bébé est née. Pour se rassurer, pour savoir comment faire, pour anticiper sur les étapes suivantes du développement de sa petite fille : « Autant profiter du savoir des autres, je ne vais pas tout réinventer » dit-elle. 

Ils lui ont été bien utiles les conseils des deux puéricultrices. En effet, pas toujours facile de faire face aux réflexions : « Dès que quelque chose ne va pas avec le bébé, c'est parce qu'on est aveugle. Il faut toujours faire mieux que les autres. », avait avoué Magali, l'an dernier, lors du tournage de la vidéo  pour le site
 
 

 
 

Elle trouve dur de se rendre à Paris et de ne pas avoir à proximité un lieu où elle puisse parler avec des professionnels qui s'y connaissent sur ces petites choses du quotidien qui lui compliquent la vie. Elle a des questions plein sa besace : « J'aimerais lire des histoires à Clara, je n'en ai pas trouvé pour son âge et puis les livres en braille sont très chers, comment faire ? Et puis Clara va bientôt marcher... Je vais avoir un cours de portage, c'est qu'elle devient lourde... »

Elle sait qu'elle trouvera au SAPPH une éducatrice pleine de ressources pour ces trucs et astuces qui lui font défaut, une psychologue et une puéricultrice prêtes à l'aider dans les difficultés spécifiques qu'elle rencontre et prêtes à lui pointer du doigt les richesses qu'elle développe, par son handicap, dans l'éducation de son enfant. 

Sur le chemin du retour, elle est intarissable sur Amina qui, avec douceur et fermeté, lui a appris à porter Clara avec efficacité. Puis le silence s'installe. Elle avoue refaire dans sa tête la réunion du groupe de parole du vendredi après-midi. Elle a cherché, avec d'autres parents, des solutions à des problèmes concrets. Elle n'a pas pu proposé son aide : elle habite trop loin. 

Elle a été surprise d'entendre des prises de position différentes des siennes sur des problèmes de fond. Elle n'était pas d'accord et a longuement tourné dans sa tête ses convictions sans pouvoir encore les exprimer. Il faudrait pour cela qu'elle puisse participer régulièrement mais Paris, c'est définitivement trop loin. 

Elle est revenue, pleine d'informations rassurantes à partager avec son mari qui n'avait pu faire le déplacement. « A l'hôpital, j'ai rencontré des professionnels qui m'ont écoutée. Etre en lien avec d'autres parents comme moi m'aiderait et je ne suis certainement pas toute seule à le penser. Pourquoi ne pas créer un groupe de paroles pour les parents handicapés dans un service de PMI qui existe déjà ? Avec l'aide d'Edith Thoueille et de Martine Vermillard, pourquoi pas ? »  
 
 

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Etouffant le ramdam, le Président a remballé le statut de Première Dame promis à sa mariée lors de sa chevauchée printanière vers le pouvoir. Brigitte (qui n'a d'ailleurs jamais prétendu au rôle d'un Philip d'Edimbourg, le grand consort anglais) va seulement voir sa Maison étoffée, plus de gens, un super standard peut-être. Pour un emploi familial, tapez 1. Un voisin bruyant, tapez 2. Un chat perdu, tapez 3. Etc. Mais pourquoi donc une Première Dame ? En Allemagne, l'époux d'Angela Merkel cultive un anonymat farouche : le rôle, il est vrai, n'est pas fait pour les hommes. Concrètement, la République n'a-t-elle pas ses médiateurs, ses serviteurs ? Pourquoi les Français, pour réveiller une administration parfois ensommeillée, devraient-ils compter sur l'oreiller de la Moitié ? En fait, il y a là, bien sûr, plus qu'un service rendu. Un symbole. Celui d'un peuple de sujets plus que de citoyens.

Michel Rouger

09/08/2017

Nono



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