Vie rurale

Faire CultureS à Saint Péran


07/05/2015

Une fin de semaine presque ordinaire à Saint Péran. Deux fêtes, d'essence culturelle différente, ont réuni près de 400 personnes, habitant(e)s de la commune ou des alentours, toutes générations confondues. Comment "faire culture" ensemble ?




Nous proposons ce reportage en pré-figuration de la réalisation du web documentaire "Les 11 de Saint Péran" en cours de réalisation et qui sera diffusé début 2016. Il fait suite à un premier épisode  de présentation diffusé dans dans notre édition du 6 février.
 
Une manière de remercier les 65 contributeurs à notre campagne de financement participatif sur Ulule qui nous ont apporté 2902 €. Nous permettant d'associer à la réalisation une équipe professionnelle. Nous poursuivons la recherche de fonds sous forme de subventions et d'autres collectes à venir.

Vous pouvez suivre régulièrement l'avancée de la réalisation du webdocumentaire sur le Makingblog.

Cet épisode a été réalisé le 11 et 12 Avril par Marie Noblet et Alain jaunault (reportage, prises de vues, photos, interviews) et Marvin Michielini pour le montage.
 

Samedi : Les "classes 5" font la fête

Tous les "classes 5", pour la photo.
Tous les "classes 5", pour la photo.
Ce samedi 11 avril, il fait gris et il pleut, à Saint-Péran. Mais ce n’est pas vraiment grave, c’est jour de fête aujourd’hui. La fête des classes 5 ! Cette fête, essentiellement Brétilienne, s’apparente à celle des conscrits, qui, du temps du service militaire, rassemblait les villages autour des jeunes hommes de 20 ans s’apprêtant à partir effectuer leur service militaire. Mais ici, dans la tradition de Saint Péran, on ne retrouve pas cette marque militaire : c’est l’ensemble des habitants, hommes et femmes, né-e-s une année en 5 qui se retrouvent. De la plus âgée (90 ans au compteur) à la plus jeune, nourrisson d’un mois.

Comme une fête de famille

Toutes et tous sont sur leur trente-et-un, comme si c’était jour de mariage ou de baptême. Une fête de famille en somme. La grande famille des Saint-Péranais. De tous-tes les Saint-Péranais-es ? Non, pas de tous-tes. Mais d’une bonne partie. 

Les jeunes ont beaucoup contribué à la préparation de la fête
Les jeunes ont beaucoup contribué à la préparation de la fête
A la cérémonie religieuse qui débute les festivités comme au repas qui suit, il y a des jeunes et des vieux, des enfants, des femmes et des hommes de tous âges. Sourire aux lèvres. Prêt-es à faire la fête jusqu’à pas d’heure. A danser, à chanter, à résoudre des énigmes ou à répondre à des quizz musicaux. Un grand rassemblement pour une grande fête, à la salle de la Gonelle, l’équipement fédérateur initié par l’équipe municipale précédente. Achevée et inaugurée par l’actuelle équipe en décembre 2014.

Jean Claude, l'organisateur des "classes 5"
Jean Claude, l'organisateur des "classes 5"

95 % des « classes 5 » ont répondu à l’appel

On se rencontre, on se parle, on rit beaucoup. Temps de retrouvailles pour ceux et celles qui ont quitté la commune pour aller vivre, étudier ou travailler ailleurs. Mais qui se font un honneur de revenir à l’occasion de cette journée, préparée de longue date par une fine équipe d’organisateurs. Le comité de cette année est dirigé de main de maître par Jean-Claude Jublan – ancien premier adjoint et membre du CCAS - sous le regard bienveillant de Bernard Barel qui assure au conseil municipal la fonction méconnue de « correspondant défense ». 

Ces deux « classe 5 » seniors ont été bien aidés par la « petite bande » des 20 ans pour préparer une journée riche en évènements : cérémonie religieuse, passage au Monument aux Mort emportés par la Fanfare de jeunes, photo du groupe des 50, apéro bien sûr avant le repas du midi et enfin, toute la nuit « le bal des classes. A 3 h du matin, il faut encore remettre en état la salle qui doit être disponible tôt le lendemain.



 

Dimanche : Quand s’ouvre la porte des secrets

Faire CultureS à Saint Péran
Matinée du Dimanche 12 avril, c’est le retour du grand soleil. Pour un tout autre événement, tout aussi fédérateur. Saint-Péran accueille la Saison des Secrets, un festival de musique et d’« arts de la rue » proposé par Les Coquecigrues – un réseau de « spectacle vivant » en Ille-et-Vilaine. Une « porte des secrets » plus vraie que nature a été érigée ce matin à l’entrée du terrain de la Gonelle et inaugurée par Vivianne Vandulac, inénarrable voyageuse belge qui depuis quelques semaines frappe à toutes les « portes des secrets » des communes de Brocéliande

Mrs Tronc et Poche...
Mrs Tronc et Poche...

Du Bruit Dans Le Bourg...

Les bénévoles de l’association « Du Bruit Dans le Bourg » aidés des parents, de l’animateur et des enfants de l’ « Espace Jeune » assurent l’organisation et l’animation de la fête. Depuis plusieurs semaines Antoine, l’animateur jeunesse, a mobilisé sa petite troupe qui a réalisé une exposition photos « Saint-Péran, d’hier et d’aujourd’hui ». La petite joueuse de xylophone qui hier, très sérieuse, menait la fanfare à la fête des classe est aujourd’hui journaliste-radio pour Timbre FM. Le reste de la bande tient la buvette. Marie Claire, l’épouse du Maire a sorti le « billig » et tourne la galette.

Portotrio
Portotrio

La musique est au cœur de l’événement.

Un jeune couple de sonneurs ouvre le bal, invitant les personnes déjà présentes à esquisser quelques pas de danse. Miss Ninog s’accompagnant à l’accordéon, pousse la « chanson réaliste », le temps que s’installe un peu plus loin sur le terrain de la Gonelle, Mr Tronc et Mr Poche, un duo de musiciens burlesques dont le « concert de poche » embarque petits et grands. Ça rit beaucoup, ça chante et ça frappe des mains fort ! La bonne humeur est au rendez-vous et se poursuit avec le concert final de Portotrio, point d’orgue de la journée.

L’association DBDB (Du Bruit Dans le Bourg) livre là le cinquième concert de sa programmation annuelle. L’émotion et l’enthousiasme du public sont palpables. Ce trio de jeunes femmes, qui chantent « a capella », accompagnées d’un talentueux percussionniste, parvient avec son programme de chants du monde à nous emmener très loin, de pays réels en pays imaginaires. Leurs voix et leurs chorégraphies emplissent l’espace visuel et sonore de la belle église.

Une part des 160 spectateurs qui ont rempli l’église sont des habitués des concerts de Saint-Péran et ils peuvent venir de loin ! Là aussi, toutes les générations sont représentées : les jeunes qui ont animé la fête ont été spécialement conviés. Un point notable : la participation financière au concert est laissée à l’appréciation des spectateurs. Et toujours les organisateurs couvrent le coût des cachets des artistes professionnels qui se produisent.
 

Faire CultureS à Saint Péran

Diversité culturelle ?

En deux jours pas loin de 400 personnes ont participé à deux manifestations bien différentes mais caractéristiques du territoire. A l’image de sa population où cohabitent les familles aux origines Saint Pérannaises et rurales anciennes et les nouveaux venus, au caractère souvent plus « rurbain », les expressions et centres d’intérêts culturels des habitants sont multiples et parfois très différents. La population qui a participé à la fête populaire traditionnelle du Samedi et celle qu’attire le festival artistique et socio-culturel du dimanche, ne se recouvrent pas totalement. A l’image des deux pôles très dynamiques de l’animation locale, le comité des fêtes et l’association DBDB (du bruit dans le bourg).

Alors comment faire durablement culture ensemble ? Xavier Faure, conseiller municipal, plus particulièrement chargé de la jeunesse donne une clé : « Ce sont les jeunes qui vont permettre de faire perdurer ces deux événements, sur un pied d’égalité. Ils seront aussi peut-être le « liant », ceux qui feront le lien entre ces deux cultures, parce que pour eux, l’une a autant d’importance que l’autre, en termes de convivialité et de rencontres. Ils sont moins catégoriques et fermés que les adultes, qui ont du mal à se regarder, à regarder leur culture respective avec bienveillance. L’espoir repose clairement sur ces jeunes, qui seront les adultes de demain… »

Marie Noblet, reportage et photos.




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Le billet de la semaine

​Peste moderne

Pas de pesticide pour elle. Apparue en Occident par un mélange de productivisme et d'argent fou, devenue rapidement un fléau planétaire, la pac, la peste agrochimique, est d'autant plus redoutable qu'elle a, avant d'empoisonner les agriculteurs et ouvriers qui la côtoient ou contaminer la chaîne alimentaire de la terre à l'assiette, infecté gravement les esprits. Pour les paysans qu'elle a sortis de la misère il y a un demi-siècle, elle reste une croyance exploitée sans vergogne par des prêcheurs mercantiles qui les poussent à surproduire avec l'appui de la FNSEA, cet étrange syndicat qui détruit ses propres adhérents, et celui de l'Union européenne qui s'est toujours couchée jusqu'ici devant le monstre Bayer-Monsanto et autres  empoisonneurs. Contre la peste agrochimique et les multiples maux des industries cyniques, un seul traitement : une double dose massive de mouvement citoyen et de courage politique. Il en existe des stocks inemployés.

Michel Rouger

19/10/2017

Nono