Théâtre

Dans l'ancienne usine, Alain Hélou fabrique un art renversant


24/10/2013

Depuis dix-sept ans, Alain Hélou répand un message : décalons-nous de notre quotidien, mettons-nous la tête à l'envers et le cœur à l'endroit, retrouvons nos forces créatives qu'une société marchandisée veut nous faire oublier. Dans l'ancienne usine Amora à Rennes, les Ateliers du Vent qu'il a lancés vibrent de créations pour nous aider à passer à l'acte.




Mais quel est donc cet homme-orchestre aux allures de philosophe au milieu de sa vieille fabrique délirante ? L'antique usine Amora vit au rythme des trains qui passent. Les pièces sont immenses, les plafonds hauts, si hauts, les escaliers bétonnés si étroits. Les vitres dépolies laissent passer une lumière diffuse : l'évasion vers l'imaginaire passe par l'intérieur.

Alain Hélou n'est pas tombé dans le théâtre et la politique quand il était petit. Le déclic ? Question simple, et pourtant le Finistérien qu'il est hoche la tête en silence, son regard se tourne vers les hautes fenêtres. Il n'a pas envie de dire. Il lâche : « Je vois bien où vous voulez me mener... C'est relativement compliqué de savoir d'où les choses surgissent...  » 

« J'ai franchi le pas d'entrer dans une compagnie de théâtre amateur quand j'étais en première au lycée Kérichen à Brest, après avoir vu un copain jouer. » Il y fait la rencontre de Marceau Vasseur, poète, enseignant et metteur en scène de la compagnie Le Théâtre d'En Face : « Il avait une façon d'aborder la scène d'une manière très ouverte. » Voilà pour le théâtre. Quant à la politique, c'est l'aumônier, Jean-Yves Baziou, qui lui ouvre le chemin.



« La confrontation directe avec la réalité »

Les fondations ainsi posées par Marceau Vasseur et Jean-Yves Baziou, Alain Hélou se met à construire. Côté théâtre, ses études lui font rencontrer des metteurs en scène dont Eric Vigner  avec qui il apprend beaucoup.

Mais à un moment, il ne s'y retrouve plus : ce n'est pas le théâtre qu'il veut. « C'était un milieu extrêmement étroit. Sur la notion de théâtre public, c'était un tout petit monde. Je trouvais qu'il y avait de plus en plus de décalage entre le discours académique et mon savoir réel, celui de l'expérience et de la confrontation directe avec la réalité. » Tout cela manquait-il de politique ?

Heureusement, en ces années 94/95, on est en pleine contestation étudiante. Il s'engage : « Ce qui m' a intéressé immédiatement, c'est qu'on n'était pas dans des revendications du type "des gommes et des crayons". On réfléchissait aux questions de politique générale. »

Théâtre et politique enfin se marient  : ils vont donner naissance peu à peu aux Ateliers du Vent.


Des années de passion, de galère : un miracle permanent

Alain Hélou invite des francs-tireurs de son acabit à le rejoindre et à soutenir ce travail théâtral. L'aventure démarre contre vents et marées et dure depuis dix-sept ans, malgré mille difficultés.


L'énergie d'un collectif

De subventions en subventions, n'y a-t-il pas de quoi perdre son âme ? Non, affirme Alain Hélou.  L'histoire des Ateliers du Vent est collective, portée par des valeurs à transmettre.


Les Ateliers du Vent : un collectif d'artistes

Malgré l'immensité, le lieu vit et bruit : ils et elles sont une vingtaine d'artistes à travailler, soutenus par une petite équipe de trois permanents administratifs. Ici, se préparent les Apéroésies qui vont voyager d'Arménie en Bosnie, de Roumanie en Ukraine mais aussi en Bretagne. Là, se concoctent Vilaine Balade et Vilaine Kermesse... 

Pour en savoir plus, il suffit d'aller sur le site des Ateliers du Vent. Vous y apprendrez qu'ils ne sont pas seul(e)s à agiter leurs méninges créatives : avec Art  Factories, ils revendiquent une place active pour les usagers que nous sommes ; avec les artistes des pays l'Est, ils créent des liens qui nous deviennent indispensables...

Et avec nous tous, ils revendiquent un jour férié pour mardi-gras...


Un voyage dans nos ruines

Alain Hélou vous invite à tenter l'impossible : un embarquement immédiat pour un voyage dans nos ruines symboliques.


Suivez-nous dans les Ateliers du Vent







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Le billet de la semaine

Notre Dame de France

Etouffant le ramdam, le Président a remballé le statut de Première Dame promis à sa mariée lors de sa chevauchée printanière vers le pouvoir. Brigitte (qui n'a d'ailleurs jamais prétendu au rôle d'un Philip d'Edimbourg, le grand consort anglais) va seulement voir sa Maison étoffée, plus de gens, un super standard peut-être. Pour un emploi familial, tapez 1. Un voisin bruyant, tapez 2. Un chat perdu, tapez 3. Etc. Mais pourquoi donc une Première Dame ? En Allemagne, l'époux d'Angela Merkel cultive un anonymat farouche : le rôle, il est vrai, n'est pas fait pour les hommes. Concrètement, la République n'a-t-elle pas ses médiateurs, ses serviteurs ? Pourquoi les Français, pour réveiller une administration parfois ensommeillée, devraient-ils compter sur l'oreiller de la Moitié ? En fait, il y a là, bien sûr, plus qu'un service rendu. Un symbole. Celui d'un peuple de sujets plus que de citoyens.

Michel Rouger

09/08/2017

Nono



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